L’hôpital épargné par la radicalisation islamique ?

Paris, le lundi 14 octobre 2019 - Le ministre de la santé Agnès Buzyn a demandé une évaluation de la radicalisation islamique dans les hôpitaux, tout en soulignant que les derniers rapports faisaient état de peu de difficultés liées à ce sujet.

Dix jours après qu’un agent islamiste de la préfecture de police ait tué quatre de ses collègues, tous les services publics s’interrogent sur la présence d’agent "radicalisés" en leur sein. Si la question est sans doute moins sensible que dans l’armée ou la police, l’existence de personnels hospitaliers islamistes radicaux, qui pourraient mettre en péril la continuité du service public de la santé, mérite d’être envisagée. Dans le cadre de la « société de vigilance » que le Président de la République, Emmanuel Macron, a appelé de ses vœux au lendemain de l’attentat, le ministre de la santé Agnès Buzyn a annoncé ce dimanche avoir demandé une évaluation sur l’état de la radicalisation dans les « différents secteurs sanitaires ».

Quelle est la définition de la radicalisation ?

Sans définir clairement ce qu'était la radicalisation selon elle, le ministre a tenu a précisé que lorsqu’elle avait fait la même demande il y a un an, il en était ressorti que les directeurs d’hôpitaux rencontraient « relativement peu de difficultés, de signaux d’alerte » liés à la question du radicalisme. Tout au plus certains directeurs avaient parfois à gérer des demandes communautaristes, par exemple quand des membres du personnel demandent à pouvoir prier ou à porter le voile islamique au travail.

A cette occasion, le ministre a tenu à rappeler que des dispositifs étaient déjà en place pour lutter contre la radicalisation à l’hôpital. Il existe ainsi dans chaque Agence régionale de santé (ARS) un « référent radicalisation » qui peut aider les directeurs d’établissement à gérer les cas les plus problématiques.

Face à ces informations, on peut se demander si l’hôpital est véritablement épargné par l’islam radical ou si ce faible niveau de signalements s’explique plutôt par un défaut de vigilance, un souci de ne pas stigmatiser, la crainte qu'un signalement ne soit pas suivi d'effet ou le fait que beaucoup de professionnels de santé estiment qu'une dénonciation est incompatible avec leur mission de soin.

Dans le rapport parlementaire sur la radicalisation dans les services publics, publié en juin dernier, les auteurs avaient conclu que « la politique de prévention et de détection de la radicalisation était encore peu développée au sein du service public de la santé ».

Agnès Buzyn a donc appelé les médecins à ne pas hésiter à signaler les personnes suspectes de radicalisation. « Il faut faire confiance aux petits signaux et avertir la hiérarchie. Il y a une nécessité pour chacun d’entre nous d’être attentif à ce qui se passe autour de soi » plaide-t-elle, avant de conclure, pour calmer les états d’âme des professionnels de santé : « La vigilance, c’est différent de la délation ».  

Il faut souhaiter que la radicalisation, tout au moins celle justifiant un signalement à la hiérarchie, soit clairement définie dans des textes opposables connus de tous.

Quentin Haroche

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Vos réactions (3)

  • Radicalisation = secte

    Le 15 octobre 2019

    Puisque les portes paroles de l'Islam de France repetent que certaines pratiques "ce n'est pas ça, l'Islam",de la même façon que des "groupes de priere" sont exclus par l'Eglise, on peut uitliser la legislation sur les sectes.

    Maignan, pharmacien

  • Infirmières, médecins et Islam...

    Le 20 octobre 2019

    Il y a depuis longtemps des musulmans français qui deviennent médecins, et rien n'a été signalé d'inquiétant à leur sujet que je sache. Les infirmières musulmanes aussi commencent à être nombreuses dans les hôpitaux, mais heureusement elles ne sont pas là pour faire de la propagande...j'en ai connu de parfaitement compétentes et dévouées. Le jour ou les uns ou les autres feront de la propagande...anti-laïque, je pense qu'on s'en apercevra vite (hélas il y a des fous partout).

    Mais ces personnels ne sont pas seuls, ils travaillent tous dans des équipes et durement : les déviances seront rapidement visibles. Dans un pays qui comporte au moins 6 millions de musulmans, on en trouve et trouvera dans tous les secteurs, c'est bien normal, pas seulement dans les hôpitaux!

    Dr Astrid Wilk

  • Le français radical...

    Le 20 octobre 2019

    Texto:
    Sans définir clairement ce qu'était la radicalisation "selon elle, le ministre a tenu a précisé que"

    Snif...

    Dr Charles Kariger

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