L’Ordre des médecins dévoile son « projet de réforme pour la santé »

Paris, le mercredi 8 février 2017 - L’institution ordinale qui a conduit d’importantes consultations auprès des médecins ces derniers mois a dévoilé aujourd’hui son « projet de réforme pour la santé », dont il espère que les candidats à l’élection présidentielle se saisiront. Ce programme répond à quatre « grands principes » : accorder plus de « liberté » aux différences acteurs, « décentraliser », « simplifier » et « garantir un réel accès aux soins à tous ».

Pour ce faire, l’Ordre appelle à une simplification de la gouvernance avec la création « d’un échelon territorial unique pour améliorer la coordination des soins », qui s’appuierait sur un portail d’information « fonctionnel » entre les acteurs de santé et les usagers dans « chaque bassin de proximité santé ».

L’Ordre insiste dans un second temps sur la nécessité de « redonner du temps médical » aux praticiens et de promouvoir un « mode de rémunération valorisant pour nous ». Enfin, l’Ordre estime que le numerus clausus devrait être réformé afin de mieux répondre aux besoins des territoires, tandis que les épreuves classantes devraient également être régionalisées.


Le programme détaillé de l’Ordre

M.P.

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Vos réactions (2)

  • C’est l’Assurance Maladie qui nous empoisonne la vie

    Le 17 février 2017

    L’Ordre des médecins dévoile son « projet de réforme pour la santé ». Des réunions de discussions commencent sur le projet ordinal qui pense construire par le bas une modification pour tous. J'étais hier soir à St-Pierre. Et j'en suis sorti loin d'être convaincu de la politique qui consiste à construire du bas vers le haut la grande réforme que nous attendons tous.
    Monsieur le Président de l’Ordre,
    Je tiens d’abord à remercier le Conseil de l’Ordre d’avoir bien voulu tenter une consultation des médecins alors même qu’ils sont presque tous en plein désarroi et même, pire, ils sont divisés entr’eux.
    Le malaise qui nous réunit ce soir tient en un mot : nous savons que nous avons perdu nos libertés, les libertés d’une profession libérable. Nous savons tous ici que c’est là que se trouve le centre du débat.
    Il est cinq heures. PARIS s’éveille. PARIS s’éveille ! Voilà que l’ORDRE de réveille à Paris. Surprise quand même. On ne s’y attendait pas ! Regardons de plus près cet éveil inattendu.
    D’abord, ils ne sont que 35 000, soit environ 30 % du corps médical à avoir répondu à la demande du CNOM. Pourtant, tous –tous sans exception- les médecins ont de nombreuses doléances à faire valoir.
    Nous aurions pu atteindre 100 % de réponses. Tous les médecins souffrent. Pourquoi seul un tiers en parle et non 100 % ou 90 % ?
    Avec les moyens informatiques modernes, il était pourtant possible d’obtenir une plus grande quantité de doléances venant d’un plus grand nombre de praticiens : chacun aurait pu prendre sa plume.
    Sans cahiers de doléances dont le mérite principal est la spontanéité, cette consultation s’est faite par des questionnaires. Or le questionneur choisit les questions, écarte celles qui fâchent, régule le contenu des réponses ; et il détruit le plus coriace, ce qui pourrait déranger l’un ou l’autre de telle ou telle branche.
    On sait maintenant que 97 % des médecins sont accablés de tâches administratives. Mais le questionneur n’a pas cité quelle est l’administration qui accapare ainsi le temps médical, qui décourage les médecins, qui fait que certains quittent, soit le métier, soit le pays, soit l’exercice libéral.
    Une administration qui se permet d’interdire d’exercice trois mois tel ou tel sans souci pour les assurés sociaux qui perdent ainsi la confiance. Une administration qui se permet de modifier la Nomenclature.
    Si ce n’est pas le burn out qui leur arrive, c’est la candidature vers la médecine papier, celle des administrations qui grossissent comme des cancers, qui envoient des métastases.
    97 % sont accablés de charges administratives. C’est la leçon principale de cette consultation. Sans dire qui les accable ! Je le dis bien haut, c’est l’Assurance Maladie qui nous empoisonne la vie.

    Elle nous arrache petit à petit nos libertés. Prenons un bassin assez ressemblant à la REUNION. En Nouvelle Calédonie, la CAFAT, la CGSS du caillou a supprimé trois libertés : les honoraires libres, la liberté d’installation, la liberté d’agir. Résultat 800 évasions vers SYDNEY ! Et c’est encore la France qui paie ; c’est nous qui paient.
    Je ne crois pas à cette démarche du bas vers le haut. Pardon non je n'y crois pas.

    Docteur Jean Doremieux

  • Je ne crois pas à cette démarche du bas vers le haut

    Le 17 février 2017

    Ce que veulent les médecins c’est récupérer leurs libertés perdues. C’est bon pour eux. C’est bon pour les malades. Comment le savons-nous ? Par les exemples des pays où les médecins sont encore libres.
    Souvenez-vous de l’Allemagne de l’Est. Le mur de BERLIN tombe. Et cette chute dévoile un désert médical. 90 % des médecins de l’EST avaient quitté la médecine soviétique. En deux ans, le retour aux libertés a permis d’adopter le système de l’ouest à l’est. Ce n’est pas le fruit d’une réforme du bas.
    Depuis 1945, l’Assurance Maladie nous a peu à peu grignoté ou enlevé presque toutes nos libertés. D’abord notre liberté d’agir le jour même dans l’intérêt du malade, en réalisant nous-mêmes tous les actes techniques complémentaires à l’établissement d’un diagnostic rapide source d’économies.
    Certes, nous avons le droit de les réaliser, mais à l’exception du second acte payé pour moitié, les autres ne sont pas pris en charge. C’est le contraire dans les autres pays ! Et même chez nous aux urgences.
    C’est elle qui a imposé un ticket modérateur et ainsi les mutuelles qui se multiplient. Or ce ticket modérateur empêche les plus démunies de consulter dès le premier symptôme et qui retarde la première consultation celle qui ferait passer les dépenses ultérieures de 10 à 1 !
    Nous avons perdu le libre choix de nos correspondants depuis que l’Assurance maladie nous a imposé les deux secteurs et les dépassements d’honoraires.
    Nous avons perdu la liberté de nos honoraires remplacés par des tarifs. Quelle que soit la spécialité, sur ordre de l’Assurance Maladie, et à l’exception de quelques cas particuliers, toutes les consultations sont au même prix, que ce soit celles d’un dermatologiste ou celles d’un chirurgien cardiaque.
    Aujourd’hui, avec les complexités des examens complémentaires, avec l’importance de la responsabilité très différente d’un métier à l’autre comme en atteste les niveaux très variables des assurances de responsabilité professionnelle, le tarif unique imposé de la consultation est devenu obsolète.
    Il nous faut récupérer la liberté de nos honoraires. C’est dans l’intérêt de nos patients.
    Nous avons perdu la liberté de prescription des médicaments. Les autres pays européens l’ont gardé.
    Bref nous sommes accablés de tâches administratives et l’Ordre s’est imaginé rétablir l’ordre en partant de la base, en s’adressant aux candidats politiques. Erreurs rien à attendre de ces personnes/
    Qui a rédigé cette nouvelle usine à gaz ? Ceux-là même qui l’ont construit avec ses 28 réformes inutiles. S’adresser à ceux qui sont responsables des défauts d’un système, c’est l’aggraver. L’Ordre s’est adressé à toutes les personnes qui ont créé ou défendu l’Assurance Maladie. Pas une exception ! Si la libre circulation des médecins se réalise petit à petit, personne n’a fait allusion à la libre circulation en Europe de nos malades qui est empêchée.

    Les allemands et Madame MERCKEL ne supporteront pas longtemps que leurs assurés en France soient moins bien remboursés en France que chez eux. Il est temps d’harmoniser les Assurances Maladie.
    Mieux encore, de choisir comme les allemands une Assurance Maladie qui demande une cotisation plus basse que la nôtre et qui ne fait que des bénéfices quand nous faisons des déficits de plus en plus graves.
    Une grande réforme est pourtant possible ! BISMARK, LORD BEVERIDGE, DE GAULLE ne sont pas passés par le bas comme le veut l’Ordre ce soir, mais par le haut.
    En France, ce sont des ordonnances, sans aucune discussion avec les Assemblées, avec les politiques qui ont instauré notre SÉCURITÉ SOCIALE en 1945.
    Le (nouveau) Président de la République accordera-t-il la moindre importance aux propositions venant du corps médical de ce qu’il faudrait instaurer pour rétablir les affaires de l'Assurance Maladie.
    Je ne crois pas à cette démarche du bas vers le haut. Pardon non je n'y crois pas.

    Docteur Jean Doremieux

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