Médicales et interprofessionnelles : vers un échec des négociations conventionnelles ?

Paris, le mardi 24 novembre – Qu’elles soient conventionnelles ou interprofessionnelles, les négociations semblent mal engagées.

Faire « plier l’Etat »

Concernant les négociations conventionnelles, la CSMF (Confédération des syndicats médicaux Français), qui a déjà claqué la porte, appelle tous les autres syndicats représentatifs à la suivre pour « faire plier l’Etat ».

En cause, ce que la CSMF considère être le mépris du gouvernement pour la médecine libérale.

L’organisation dirigée par Jean-Paul Ortiz estime ainsi : « le gouvernement a présenté un Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale indigne de la reconnaissance qu’il doit à la médecine libérale et à son engagement dans cette crise sanitaire. Alors que les dizaines de milliards d’euros sont prévues à la fois pour valoriser les salaires des personnels des hôpitaux mais également pour permettre un investissement massif dans les structures immobilières et les équipements hospitaliers, une misère de 300 millions d’euros est prévue pour l’ensemble des soins de ville ! ».

Une attitude que tacle le SML (Syndicat des médecins libéraux) : « le SML joue le jeu de la négociation monoprofessionnelle pour protéger les intérêts des médecins libéraux, généralistes et spécialistes. Le Syndicat ne laissera pas le champ libre à l’Assurance maladie, contrairement à ceux qui font la politique de la chaise vide. Ces derniers, en ne soutenant pas la démarche du SML pour provoquer un électrochoc rendu indispensable, encouragent implicitement la prolongation de l’actuelle convention, et plusieurs années de no man’s land tarifaire ».

Pourtant le point de non-retour n’est pas loin d’être atteint également pour le SML. Dans sa dernière visioconférence, son président, Philippe Vermesch met ainsi en garde le gouvernement contre un « gel conventionnel durant lequel aucune avancée ne pourrait être construite ».

Le SML qui, historiquement s’oppose au paiement au forfait, rappelle « que la seule revalorisation qui vaille doit viser les tarifs des actes, et non les forfaits. Son objectif est de porter les actes de tous les spécialistes et spécialistes de médecine générale au niveau européen. Il souhaite en outre développer les visites et les consultations longues ». Une revalorisation d’autant plus urgente pour les spécialités « que beaucoup (…) ont souffert du premier confinement ».

Ubu roi des négociations interprofessionnelles ?

Concernant les négociations interprofessionnelles, si les syndicats saluent l’importante augmentation des aides à l’amorçage, la FMF (Fédération des médecins de France) pointe l’absurdité de certaines propositions de la CNAM ; cette même CNAM qui a terminé la dernière séance « avec une demande lapidaire d’avis sur le texte » qu’elle venait de présenter, dénonce la FMF.

Or, une proposition de l’Assurance maladie fomente la colère : elle entend ajouter une mission socle aux CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) et donc obligatoire, intitulée « Mission dédiée à la réponse aux crises sanitaires graves ».

Cette nouvelle prérogative suppose que les CPTS rédigent un plan de réponse aux crises sanitaires dès leur première année de fonctionnement et prévoient une mise à jour annuelle. Ce plan devra concerner les épidémies saisonnières, les épisodes de canicule, grand froid, pollution, mais aussi la prise en charge de patients exposés à un agent NRC (lors d’éventuels attentats nucléaires, radiologiques ou chimiques). « Il ne manque plus que les pluies de météorites » raille Jean-Paul Hamon, le président d’honneur de la FMF.

Plus sérieusement, le syndicat dénonce : « les ARS et la CNAM voudraient donc faire porter sur les libéraux l’organisation de missions qui dépendent évidemment de la puissance publique ».

Le SML, lui, reste vigoureusement opposé au CPTS et milite pour la reconnaissance « pleine et entière des équipes de soins » constituées librement par les professionnels.

X.B.

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Vos réactions (1)

  • Revalorisation

    Le 24 novembre 2020

    Il ne reste que les utopistes et les crédules pour croire que les ARS et la CPAM vont débloquer le moindre centime pour les libéraux. N'avez-vous pas encore compris que pour les administratifs, la médecine libérale était, est et restera l'objectif à abattre. Les CPST sont des pièges à cons. C'est au bon vouloir des administratifs d'ajouter dans le panier les obligation dont les autorités veulent se débarrasser !

    Le seul argument valable est la déconvention globale des libéraux. Reprenons notre liberté tarifaire et laissons aux structures publiques le soins d'assumer les dictats de la sécu.

    Dr Patrick Serey

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