Nés pendant la pandémie grippale A(H1N1) de 2009

La grossesse expose les femmes atteintes de la grippe à davantage de complications, mais les conséquences chez leurs enfants sont mal connues. Des études antérieures ont montré que les femmes enceintes étaient plus fréquemment hospitalisées, ou admises dans des unités de soins intensifs, et que leur risque de décès était plus important que celui des femmes non enceintes. Quelques études ont suggéré que la grippe durant la grossesse exposait aussi à un risque plus élevé de fausse-couche, d’accouchement prématuré, de faible poids de naissance ou de complications de l’accouchement.

Une vaste étude a été menée dans 5 régions des USA, choisies pour leurs caractéristiques géographiques et démographiques variées (Californie, New York City, Caroline du Nord, Utah et état de Washington) regroupant le tiers des cas de grippe A(H1N1) survenus en 2009 chez les femmes enceintes.
Le diagnostic de grippe A(H1N1) était probable (test rapide d’orientation diagnostic positif) ou confirmé (RT-PCR ou culture virale positive).

Les enfants nés de mères ayant eu une grippe A(H1N1), probable ou confirmée durant leur grossesse, ont constitué le groupe exposé et ont été comparés chacun à 2 enfants nés la même année d’une mère non atteinte. De plus, étant donné que le statut des mères « non atteintes » en 2009 vis à vis de H1N1 pouvait être douteux, un deuxième groupe de comparaison a été constitué de 3 enfants nés l’année précédente, appariés selon les mêmes critères : lieu de naissance, sexe, mois de conception (en 2008).

Davantage de prématurités et de scores d’Apgar bas quand la grippe était sévère

Quatre cent quatre-vingt-dix enfants uniques sont nés de mère ayant eu une grippe AH1N1 en 2009 dans les 5 états. Ils ont été comparés à 1 451 enfants uniques nés la même année et à 1 446 enfants uniques nés l’année précédente. Dans le groupe A(H1N1), il y avait plus d’accouchements prématurés (< 37 SA) : risque relatif ajusté
aRR =1,4 (1,1-1,9) versus le groupe de comparaison de l’année précédente ; aRR =1,7 (1,3-2,2) versus le groupe de comparaison de la même année.

Dans le groupe A(H1N1),il y avait davantage d’enfants avec un score d’Apgar faible (≤ 6 à 5 mn) : aRR = 2,3 (1,3-3,9) versus le groupe de comparaison de l’année précédente ; aRR = 4,0 (2,1-7,6) versus le groupe de comparaison de la même année. Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes vis à vis du risque d’hypotrophie.

Chez les femmes ayant une infection A(H1N1) grave, hospitalisées en unité de soins intensifs ou décédées, les conséquences chez les enfants étaient plus sévères que chez les enfants des mères moins gravement atteintes : plus d’accouchements prématurés, plus de faibles poids de naissance, plus de scores d’Apgar faibles.

Mais il n’y avait pas de différences significatives entre les risques des enfants nés de mère ayant une infection A(H1N1) moins grave, non hospitalisées ou hospitalisées en dehors des unités de soins intensifs et les enfants des mères non atteintes.

Chez les enfants nés au moment de l’infection maternelle on notait plus de scores d’Apgar faibles, de prématurités, et plus de faibles poids de naissance, alors que chez les enfants nés après la guérison maternelle on ne retrouvait qu’une augmentation significative de scores d’Apgar faibles.

Prévention nécessaire

Parmi les femmes qui ont accouché après leur guérison, celles qui ont eu la grippe A(H1N1) durant le 1er trimestre de leur grossesse, ont plus souvent accouché prématurément que les femmes du groupe de comparaison de la même année : aRR = 3,0 (1,3-6,9). Cette différence de risque n’était pas retrouvée lorsque l’infection s’était produite après le 1er trimestre.

Ces données confirment l’intérêt de la prévention de la grippe par vaccination des femmes qui envisagent une grossesse, ainsi que celle des femmes enceintes.

Dr Catherine Vicariot

Référence
Newsome K et coll. : Outcomes of infants born to women with influenza A(H1N1) pdm09. Birth Defects Res., 2019;111: 88–95. doi: 10.1002/bdr2.1445.

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Vos réactions (3)

  • Insister sur les autres mesures de protection

    Le 19 février 2019

    Article intéressant qui confirme l'idée selon laquelle la grossesse est une phase de vulnérabilité. Néanmoins, j'aurais souhaité qu’en plus des recommandations de vaccination, l’auteur attire l’attention sur des mesures de protection supplémentaires lorsqu’il est prouvé comme cette année par l’agence Santé publique que le vaccin est moins efficace que prévu. J’entends par là que la femme enceinte évite le contact avec la foule comme dans les transports en commun. Les médecins de la prévention peuvent aussi suggérer des journées de télétravail supplémentaires, quand cela est possible, afin de réduire les risques d’exposition.

    Mostafa Ouldelhkim



  • Jamais de vaccins aux parturientes !

    Le 19 février 2019

    L'étude KAISER de 2017 effectuée sur 45.000 femmes indique 7,7 fois plus de fausses couches, malformations foetales et cas d'autisme chez les femmes enceintes qui ont été vaccinées de la grippe. Par ailleurs j'aimerais beaucoup qu'on amplifie les essais cliniques vaccins versus placebo et aussi vaccinés/non vaccinés, à propos des innombrables effets collatéraux dus aux polyvaccins en vaccination de masse aux nourrissons.

    Serge Rader (pharmacien)

  • On ne peut pas faire d'étude sur l'effet placebo des vaccins

    Le 21 février 2019

    Idée géniale en apparence de notre pharmacien. Mais ce ne serait tout simplement pas éthique. On ne peut pas faire semblant de vacciner quelqu'un parce qu'il aurait été placé au hasard, alors qu'il aurait demandé le vaccin, dans le groupe placebo, juste pour les beaux yeux de la science !
    Pourquoi ? Simplement parce que l'effet positif des vaccinations sur la diminution des personnes atteintes par une maladie est prouvée; pas 100%, jamais d'ailleurs, mais suffisamment pour qu'on le propose en prophylaxie de la maladie.

    Notre pharmacien le ferait-il pour le tétanos ? Je ne crois pas !

    Il faut réfléchir un peu avant de proposer des protocoles irréalisables, sous-entendant que l'on n'a pas choisi les bons !

    Dr Virgile Woringer

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