Non, la Normandie ne sera pas privée de services d’urgences !

Valognes, le vendredi 2 décembre 2016 - La Normandie expérimente depuis mars des « centres de soins non programmés » (CSNP), dans deux hôpitaux (à Valognes et à Aunay-sur-Odon) où les urgences ont été fermées.

Ces CSNP, dispositifs uniques en France, sont constitués d’un généraliste, un infirmier et une secrétaire, sont ouverts de 8 heures à 18 h 30 du lundi au vendredi, en vue de consultations rapides pour une plaie externe ou un petit traumatisme et nécessitent, pour y avoir recours, d’appeler préalablement le 15.

Après plusieurs mois de fonctionnement, l'ARS a dressé un premier bilan : entre 20 à 30 patients reçus par jour dans chacune de ces structures; une durée de prise en charge variant entre une heure et une heure et demie et seulement un pourcent d’entrant redirigé vers de véritables services d’urgences. L’institution en a conclu la réussite de cet essai et annonce qu’une « réflexion est envisagée pour l'élargir à l'ensemble du territoire normand ».

Quand l’ARS rétropédale

Face au tôlé provoqué dans la presse locale et chez les élus, l’Agence Régionale de Santé (ARS) a précisé sa pensée et à fait savoir que cette expérimentation s'adresse uniquement aux « établissements à moins de 30 minutes d'accès à une autre structure d'urgence » et « rencontrant des difficultés » liées à la démographie médicale ou à la faiblesse de l’activité. Ce programme se déroule par ailleurs dans le cadre d'un « appel à candidatures » et « seuls » les hôpitaux précités y ont répondu pour l'instant. L’ARS précise enfin : « nous n’envisageons aucune fermeture de services d’urgence dans la région. Ces expérimentations ont été mises en œuvre au sein d’établissements n’étant plus en capacité d’assurer le fonctionnement de leurs services d’urgence, faute de personnels médicaux disponibles ».

Encore faut-il ne pas se blesser la nuit et les week-ends !

L’inquiétude demeure néanmoins dans la région. Le maire de Dieppe, Sébastien Jumel (Parti Communiste Français) voit ainsi « derrière une pompeuse appellation de centre de soins non programmés (…) un service de bobologie où les médecins (…) n’ont pas le diplôme d’urgentiste, où l’on traite les blessures sans gravité, et encore faut-il choisir de se faire mal hors des week-ends et des nuits ! »

Frédéric Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Centre de soins et premiers recours

    Le 04 décembre 2016

    Mis en place à Cluses dans les locaux de la Clinique (74300) au 1er avril 2013 avec un fonctionnement analogue mais participation gracieuse d'un service de radiologie libéral, avec un scanner.

    Dr Jacques Lemoine

Réagir à cet article