Nouvelle première année de médecine : les doyens rassurés…les étudiants moins !

Paris, le vendredi 17 janvier 2020 - Dès mercredi, les lycéens pourront effectuer leurs choix post-bacs. Ceux qui souhaitent embrasser la carrière médicale expérimenteront les nouvelles maquettes proposées par chaque université et auront à choisir entre un parcours spécifique accès santé (PASS, qu’on peut rapprocher de l’actuel PACES) et des licences dans d’autres disciplines mais avec une option accès santé (L.AS).

Des moyens supplémentaires

Cette réforme de grande ampleur s’accompagne de changements dans les modalités d’évaluation avec l’introduction du contrôle continu, l’apparition d’oraux et le renforcement des travaux dirigés.

Or, en décembre, la conférence des doyens de facultés de médecine avait alerté les ministères de l’Éducation et de la Santé quant à la grande difficulté de mettre en place la réforme dans les temps avec les moyens actuels. Ainsi, le 20 décembre, quatre universités étaient dans l’incapacité de renseigner dans le programme Parcoursup le nombre de places disponibles dans chacune des voies (PASS et L.AS).

Lors d’une conférence de presse, organisée ce jeudi, le Pr Jean Sibilia, président de la conférence des doyens de facultés de médecine s’est montré rassuré.

Il a confirmé avoir obtenu 16 millions dédiés à la réforme du 1er cycle pour 2020 et 2021 et a précisé que par la suite 12 millions par an seront pérennisés. « À cela s’ajouteront pour chaque université, au cas par cas, des moyens supplémentaires selon les besoins, les parcours proposés et ce qu’ils impliquent en termes de financement ».

Désormais « les discussions avec le ministère peuvent donc porter sur la possibilité de débloquer des embauches pédagogiques » a indiqué le Pr Sibilia.

Pas sûr cependant que ces annonces suffisent à calmer les inquiétudes des étudiants, d’autant qu’au moment de faire leur choix, les lycéens ignoreront le nombre de places en deuxième année de médecine qui dépendra de chaque université : « un chiffre qui sera défini par les établissements, après l’avis de l’ARS selon les besoins en professionnels du territoire ».

De quoi donner des sueurs froides aux futurs carabins…

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Boudiou !

    Le 19 janvier 2020

    Comme on disait autrefois dans ma région, quelle usine à gaz...deux voies d'entrée, des modalités de sélection (parce qu'il y en aura forcément une) ouvrant la porte à l'arbitraire et aux copinages les plus éhontés (alors qu'un concours écrit anonyme, c'était encore le système le moins inéquitable, quels que soient ses défauts) et surtout ce chef d'œuvre d'incohérence: "le chiffre sera défini par les établissements, après avis de l'ARS, selon les besoins en professionnels du territoire".
    C'est assez effarant si on se donne la peine de décoder: autrement dit, par exemple, dans la région Nouvelle Aquitaine, il y a sauf erreur de ma part, trois facultés de médecine (Bordeaux, Limoges, Poitiers) et une ARS: ladite ARS va décréter que la région aura besoin de former, disons mille nouveaux disciples d'Esculape chaque année pour faire face aux besoins du territoire de la région. Dont acte.
    Sauf que, une fois formés, qui nous dit que tous ces nouveaux docteurs iront s'installer bien docilement dans la région Nouvelle Aquitaine? à moins de décréter que le diplôme délivré en Nouvelle Aquitaine n'est valable que de Biarritz à Tulle, et de Pau à La Rochelle, autrement dit de remettre en question le caractère national des diplômes; apparemment, ce n'est pas (encore) à l'ordre du jour; on peut décréter tout ce qu'on veut au niveau de la région, on n'a aucune garantie quant à l'application sur le terrain. A moins de passer par la voie détournée d'une suppression pure et simple de la liberté d'installation, auquel cas ça se régulerait effectivement, mais au niveau national.
    Sauf que, pour autant qu'on sache, la suppression de la liberté d'installation ne faisait pas partie du deal...on a ouvert la boite de Pandore, une fois de plus.

    Dr Jean-Marc Ferrarini

  • Fils / fille de...

    Le 21 janvier 2020

    Je partage votre avis.
    C'est la porte ouverte au copinage, tout comme les passerelles mises en place (entretien devant un jury local).
    Ainsi que la réforme annoncée de l'internat , qui classera les étudiants selon leurs notes, cursus et appréciations de stage ainsi qu'un oral avec un jury... local?
    Il vaudra mieux être le fils / fille de... pour décrocher le sésame!

    Dr JG

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