Peu de réactions allergiques aux produits de contraste aux urgences

Au cours des deux dernières décennies, l'utilisation de la tomodensitométrie au service des Urgences s'est considérablement accrue. L'ajout d'un produit de contraste iodé intraveineux améliore la définition des tissus mous et permet d’étudier la vascularisation, comme lors d’une suspicion de dissection aortique ou d’embolie pulmonaire. Mais les produits de contraste iodés peuvent provoquer des effets indésirables tels que des réactions de type allergique, des insuffisances rénales aiguës ou une extravasation au point d'injection. Les réactions de type allergique aux produits de contraste iodés intraveineux (RAPC) ont une incidence estimée de 0,1 à 0,7 % lorsqu'on utilise des produits de contraste faiblement osmotiques. Les RAPC sont classés par l'American College of Radiology comme étant légers, modérés ou graves, ces derniers ne représentant que 2 à 3 % des cas.

Mieux connaître l'incidence, la prise en charge et les conséquences sur les patients des RAPC aux Urgences, est le but de cette étude. Tous les dossiers des patients admis aux Urgences de juin 2011 à décembre 2016 et ayant développé un RAPC, à la suite d'une tomodensitométrie avec produit de contraste (TDMC) ont été étudiés rétrospectivement, soit 90 patients (âge moyen de 44 ans avec fourchette de 8 à 88 ans, 66 % de femmes). L'incidence de la RAPC a été 0,2 %, parmi les 47 059 injections consécutives. Les types d'examens les plus courants chez les patients ayant présenté une RAPC ont été : TDM de l'abdomen et du bassin (48 %), TDM pour embolie pulmonaire (16 %), TDM de la tête et du cou (12 %), TDM coronarienne (12 %).

Quatre-vingt deux des 90 patients (91 %) ont présenté des symptômes cutanés/muqueux, 20/90 (22 %) des symptômes respiratoires et 4/90 (4 %) des symptômes gastro-intestinaux. Toutes catégories confondues, les symptômes spécifiques les plus fréquents ont été l'urticaire (61 %), les éternuements et la rhinorrhée (32 %) et la dyspnée (16 %). Les réactions sont survenues dans les 5 minutes suivant l'injection chez 83 % des patients.

Réactions allergiques rares et peu graves

La réaction a été qualifiée de légère chez 70 % des patients (63/90) et modérée chez 30 % des patients (27/90). Aucun patient n'a développé une réaction grave selon les critères de l'American College of Radiology. Les traitements les plus couramment administrés ont été la diphénhydramine (74 %), les corticostéroïdes (27 %) et l'adrénaline (14 %) avec résolution des symptômes chez tous les patients. Aucun patient n’a du être hospitalisé pour cette seule raison, bien que 5 d’entre eux aient été gardés quelques heures en observation après l’injection d’adrénaline.

Bien que rétrospective, cette étude montre que les réactions de type allergique aux produits de contraste iodés intraveineux chez les patients des Urgences bénéficiant d’une tomodensitométrie avec produit de contraste sont rares, de gravité légère, répondent bien à la prise en charge pharmacologique et ne modifient pas l’orientation du patient dans la plupart des cas.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Gottumukkala RV, Glover M 4th, Yun BJ, Sonis JD, Kalra MK, Otrakji A, Raja AS, Prabhakar AM : Allergic-like contrast reactions in the ED: Incidence, management, and impact on patient disposition. Am J Emerg Med. 2018; 36 : 825-828. doi: 10.1016/j.ajem.2017.10.032.

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Vos réactions (1)

  • L’allergie à l’iode n’existe pas

    Le 13 juin 2018

    Le titre de l’article correspond à la réalité.
    Je pense qu’il est désormais inutile de rappeler que l’allergie à l’iode n’existe pas.

    Dr Pierre Castaing

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