Première grève nationale du monde d’après le Ségur

Paris, le jeudi 17 septembre - La CGT, Solidaires et la FSU appellent aujourd’hui à la grève de la fonction publique avec des revendications nombreuses : hausse de salaires, abandon « définitif » des réformes des retraites et de l’assurance chômage, réduction du temps de travail « sans perte de salaire »...

Bien sûr, il ne pourrait s’agir que d’un tour de chauffe, puisqu’épidémie oblige, l’affluence risque d’être limitée. « Nous sommes conscients que la mobilisation sera surtout militante, le contexte sanitaire rendant les choses compliquées » reconnaît Benoît Teste (FSU), pour qui il est cependant « important de marquer le paysage » et de « ne pas laisser s’installer l’idée que manifester serait d’aller à l’encontre de l’unité nationale ».

A l’hôpital, malgré le Ségur qui a programmé d’importantes hausses de salaires pour les personnels et les praticiens, les soignants sont appelés à rejoindre la mobilisation par la CGT et SUD, qui rappelons le, n’ont pas validé ces accords. Le « Ségur de la Santé n’a pas tout résolu » résume la CGT. Là aussi, la mobilisation devrait être symbolique et les syndicats souhaitent surtout sensibiliser les agents à l’organisation d’une manifestation nationale le 15 octobre pour la « défense de notre service public de santé ».

Le mouvement devrait néanmoins être particulièrement suivi dans certains points précis du territoire, notamment à Beauvais et à Laval.

A quand une reconnaissance spécifique des infirmiers de réa ?

A Beauvais, le service de réanimation est en effet en grève depuis plusieurs jours. « Cet hiver, mis en lumière, aujourd'hui, tombés dans l'oubli ! », scandent les banderoles à l'entrée du centre hospitalier Simone-Veil. Hier, vêtus de leurs blouses bleues, les soignants sont allés à la rencontre des passants pour expliquer leur principale revendication : la reconnaissance de leurs compétences.

« Pendant la crise, tout le monde s'est aperçu qu'on ne pouvait pas nous remplacer, que nous avions des compétences spécifiques (…) Il n'y a pas de raison que nous ne bénéficions pas d'un statut particulier, au même titre qu'une infirmière de bloc opératoire par exemple » explique l’un d’entre eux au journal Le Parisien.

« Nous allons probablement reconduire ce mouvement dans les prochaines semaines », assure l'une des grévistes.

A Laval, rappelons que plusieurs services sont en grève illimitée et notamment celui de médecine interne et infectiologie qui prend en charge les patients atteints de la Covid.

Quoiqu’il en soit de la mobilisation du jour, les irréductibles de la défense de l’hôpital public continueront, sans nul doute, à revendiquer dans les semaines à venir une augmentation des effectifs et des lits, et une augmentation de 300 euros pour tous.

X.B.

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Vos réactions (1)

  • Toujours la grève...

    Le 19 septembre 2020

    Evidemment le Ségur a accouché d'une souris, qui n'est qu'un rattrapage des salaires bloqués depuis si longtemps...et ce rattrapage n'est que partiel, on a tendance à même oublier ça.

    Tout le reste, les fermetures de lits, les personnels insuffisants, l'encombrement des urgences et j'en passe, rien n'a bougé.
    Alors la grève...? On n'a pas besoin de ça, elle n'apportera rien de plus qu'une pagaille supplémentaire...

    Dr Astrid Wilk

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