Quel mauvais conseil ce TikToker regrette-t-il ?

Paris, le samedi 4 décembre 2021 – Ce n’est pas seulement parce que la transparence est à la mode qu’il trouve que ce fut un bien mauvais conseil. La première recommandation qu’on ait faite à Nicolas Aragona quand il a appris sa séropositivité à l’âge de 21 ans fut : « Surtout, n’en parlez à personne ». Très vite, Nicolas a eu le sentiment d’un décalage entre cette préconisation et ce qu’il vivait. Elle renvoyait en effet son statut sérologique aux débuts de l’épidémie de Sida, quand les patients étaient non seulement fortement stigmatisés mais aussi quand il n’existait aucun espoir. Pourtant, aujourd’hui, Nicolas a une perception très différente. Grâce à son traitement, qui lui permet de présenter une charge virale indétectable et donc de ne pas présenter de risque de transmission, il a le sentiment de vivre une vie normale. « Je peux même avoir des enfants » témoigne-t-il. Alors pourquoi cacher, ce qui est invisible et presque indifférent ?

Loin des années 80

Dès lors, il ne se retrouve nullement dans les campagnes dédiées au Sida. D’abord, il note qu’elles sont principalement focalisées sur la prévention. Or, s’il ne nie pas son importance, il remarque : « Cela fait longtemps qu’on fait de la prévention, mais ça a un côté stigmatisant et ça invisibilise le VIH, déplore-t-il. Rien que le mot « prévention » j’entends « on t’avait prévenu », ce qu’il faut c’est de l’information où l’on montre la réalité » commente-t-il sur le site Actu Nice. Cette réalité, c’est le monde d’après. Un monde très éloigné des images d’Epinal des séropositifs des années 80, qui restent pourtant celles principalement véhiculées.

Coming out séropositif

Aussi, Nicolas Aragona a proposé à plusieurs associations de lutte contre le Sida de développer une plateforme de témoignages permettant de faire émerger un autre discours sur la maladie. Le projet n’a pas été retenu. Le jeune homme a donc agi lui-même. A travers des vidéos humoristiques publiées sur TikTok il évoque la séropositivité des années 2020 à travers sa chaîne « Supersero ». Les échos sont rapidement favorables. Aujourd’hui, fort de son petit succès, il veut aller plus loin en convainquant des célébrités séropositives de le rejoindre pour parler ouvertement du Sida. « La plupart du temps ce sont des séronégatifs qui parlent de dépistage et de préservatifs » regrette-t-il, rêvant que des personnalités très appréciées des jeunes ou des participants à des jeux populaires puissent faire leur « coming out séropositif ».

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Très bonne idée

    Le 05 décembre 2021

    Ce jeune homme a une très bonne idée !
    Je ne pensais pas qu'il y avait un besoin, mais manifestement c'est le cas et ce sont bel et bien les (ex-)séropositifs les mieux placés pour en parler.

    Dr F Chassaing

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