Qu’est-ce qui ne sera pas interdit au Texas ?

Jessica Farrar

Dallas, le samedi 18 mars 2017 – Depuis que l’avortement y est autorisé, les militants pro-vie n’ont jamais été aussi proches de voir leurs idées triompher aux Etats-Unis. L’arrivée de Donald Trump au pouvoir a effet fait naître, chez les opposants à l'avortement, l’espoir d’une remise en cause du principe constitutionnel de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Dans l’attente d’un tel basculement (qui n’est pas totalement assuré), ils multiplient les offensives, notamment dans les états où le droit d’avorter est déjà fortement remis en cause. Ainsi, au Texas, peu après l’élection de Donald Trump (mais avant son investiture), une loi a été adoptée, visant à imposer la réalisation de funérailles après chaque IVG « L'État interdit aux hôpitaux, aux cliniques qui procèdent aux avortements et aux autres établissements de soins de se débarrasser des restes fœtaux dans les décharges sanitaires, en autorisant seulement la crémation ou l'inhumation de tous les restes », précise le Texas Tribune.

"Pas d'éjaculation en dehors d'un centre médical ou d'un vagin"

Face à cette déferlante de mesures visant à culpabiliser les femmes souhaitant recourir à l’IVG et à en restreindre le plus possible l’accès, les militantes qui défendent cette pratique n’ont que peu de ressources. Jessica Farrar a choisi l’ironie. Cette élue démocrate au Texas vient de déposer une proposition de loi visant à sanctionner d’une amende, s’élevant à 100 dollars, toute « éjaculation en dehors d’un centre médical ou d’un vagin ». Un tel acte doit être considéré comme « venant à l’encontre d’un enfant non-né, une entrave à la préservation du miracle de la vie » explique-t-elle pour ridiculiser les discours des militants pro-vie. De la même manière, Jessica Farrar suggère que les médecins puissent invoquer « leurs croyances personnelles, morales ou religieuses » pour refuser la prescription de Viagra. Revenant sur l’arsenal de dispositifs adoptés ces dernières années au Texas au nom de la défense de la vie, elle réplique « Si nous prenons toutes ces mesures au nom du caractère sacré de la vie, alors nous ne pouvons gâcher aucune semence ». Bien sûr, Jessica Farrar sait qu’elle n’a aucune chance de voir aboutir son projet. Il s’agit cependant de mettre en lumière l’absurdité de certains des arguments développés par les groupes hostiles à l’IVG. Mais si son projet a pu faire sourire et lui offrir une notoriété au-delà même des Etats-Unis, elle note que la situation de l’accès à l’avortement au Texas n’est en rien risible.

Léa Crébat

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (2)

  • Indécence

    Le 18 mars 2017

    Faire de l'ironie sur un tel sujet montre l'absence de conscience et l'infantilisme de cette personne, rien de plus.

    Julien Metais

  • Ils sont fous ces...

    Le 20 mars 2017

    ...américains.

    Leur puritanisme total (qui s'étend à l'alccol, la nourriture, la cigarette, toute forme de plaisir...) est quasiment inimaginable pour un vieil européen du Sud.
    Résultat: société hyperrefoulée et hypersurveillée, hygiéniste et prohibitionniste; tout individu est sous l'écran de contrôle de la collectivité; conséquence attendue d'un protestantisme qui n'a guère évolué depuis le mayflower et les sorcières de Salem.

    Coincés, donc doués pour "pour faire de l'argent": qu'en aurait dit Freud?

    Dr YD

Réagir à cet article