Sérialisation à l’officine : la gratuité fera-t-elle avancer le schmilblick ?

Paris, le mercredi 8 décembre 2021 – Depuis le 9 février 2019, la législation européenne, transposée en droit français, oblige les fabricants à apposer un code datamatrix sur les boîtes de médicaments et les officinaux à les scanner au moment de la dispensation.

La sérialisation Titanic

Ce système, grâce à la centralisation des données dans un « hub » européen, doit permettre de contrôler la conformité des datamatrix scannés avec les datamatrix enregistrés et donc d’éviter les contrefaçons.

En France, cette « sérialisation » en officine demeure un véritable fiasco puisque seules 5 % des pharmacies de ville se plient à l’exercice !  

Les pharmaciens restent en effet très réservés car ce système, censé être gratuit, représente en réalité un surcoût de "200 à 400 euros par an, auxquels s'ajoute un abonnement compris entre 10 et 20 euros par mois" expliquait il y a peu l’ex-président de l’USPO (Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine), Gilles Bonnefond. En effet, si l'accès à la base de données françaises pour la sérialisation, France MVO n’est pas payante, la sérialisation se fait via les LGO (Logiciel de gestion de l’officine) qui facturent ce service.

Mais, une évolution apparue récemment, pourrait, enfin, faire entrer la sérialisation dans les mœurs pharmaceutiques.

Les LGO bientôt tous gratuits pour la sérialisation ?

Ainsi, sur son site, la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques français) bien qu’elle critique depuis le départ sur ce dispositif, annonce une avancée.

« Depuis quelques semaines, de plus en plus d’éditeurs de logiciels adaptent gratuitement leurs logiciels métier pour permettre la sérialisation sans coût supplémentaire pour les pharmaciens. Compte tenu de la possibilité d’accéder à des solutions gratuites (connexion manuelle et utilisation d’un logiciel métier adapté gratuitement). La FSPF va évidemment continuer d’agir pour que ces solutions sans surcoût continuent d’être déployées largement et nous vous invitons à vous engager dès maintenant dans la sérialisation, en faisant vos demandes de connexion au répertoire NMVS et en commençant à désactiver les identifiants uniques des médicaments » écrit ainsi le syndicat.

Un bien pour mal

Si cette gratuité, devrait, sans nul doute, convaincre de nombreux officinaux, elle pourrait également ouvrir la porte à des sanctions en cas de non-respect de la sérialisation.

La FSPF souligne ainsi : « le ministère de la Santé estime que les pharmaciens d’officine doivent désormais s’investir largement dans la sérialisation et qu’ils n’ont plus de raison de refuser de le faire ».

Ainsi, dans les semaines à venir, le projet gouvernemental de sanctions en cas de non-respect par les officinaux de la sérialisation, devrait être mis en place, d’autant que cela est déjà dans « les tuyaux » depuis l’été.

Mais il n’est également pas impossible, comme sur beaucoup d’autres sujets, qu’il temporise jusqu’aux prochaines élections présidentielles et législatives, à moins qu’un exécutif eurosceptique et opposé aux directives de Bruxelles ne s’impose au printemps 2022…

Frédéric Haroche

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Vos réactions (1)

  • Sérialisation et usine à gaz

    Le 09 décembre 2021

    En février 2019, sur ce même forum, et alors que venait de se mettre en route cette fameuse "sérialisation" j'annonçais :
    "La sérialisation est à la fois parfaitement inutile - du moins en France où nos circuits sont sécurisés - et surtout génératrice de coûts supplémentaires, ne marche pas et pour cause ! Conclusion : stop aux usines à gaz de tout poil ! ".
    Voilà qui est désormais chose faite : "un beau fiasco" titrait alors le JIM....exactement ce que je pensais alors mais que je n'osais dénoncer si vertement !

    Alain Cros pharmacien industriel récemment retraité

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