Suicide : série noire à Fleury-Mérogis

Fleury-Mérogis, le jeudi 26 avril 2018 - Un détenu s’est suicidé mardi dans sa cellule de Fleury-Mérogis. Ce qui amène à onze (10 hommes et une femme) le nombre de prisonniers qui se sont donnés la mort depuis huit mois derrière les hauts murs de ce centre pénitentiaire. Soit une multiplication par trois de la fréquence habituellement constatée dans cet établissement.

Dès son incarcération, l’individu avait été identifié comme « fragile » au sein du quartier des « arrivants ». Mais les rondes plus fréquentes n’auront pas suffi à prévenir cette autolyse… Une enquête a été ouverte, mais certains redoutent déjà que les conclusions soient tenues sous le boisseau. Ainsi François Bes, de l'Observatoire international des prisons, déplore que les familles soient la plupart du temps, laissées sans « informations claires sur ce qui a pu se passer ».

D’ailleurs, une cinquantaine de personnes ont manifesté samedi dernier sur le parvis de la prison pour réclamer la « vérité » sur la mort d’une autre personne incarcérée. Un rassemblement marqué par des « insultes et des menaces de mort » selon Thibault Capelle, secrétaire syndical (Force Ouvrière), qui a qualifié cet attroupement de « scandaleux ».

Les souffrances du jeune Werther en prison

Reste qu’« un travail va être effectué à la rentrée, en lien avec le parquet, l’administration pénitentiaire et tout le personnel de soins pour déterminer s’il y a des améliorations à effectuer dans la prison » a assuré le parquet d’Evry qui affirme n’avoir décelé, pour le moment, aucun élément « troublant ni de facteur d'explication ».

Soulignons, en effet, cette maison d’arrêt, où sont enfermés 4 300 prévenus et condamnés, qui connaît un taux d'occupation de 143 % et des surveillants en cruel sous-effectif (un gardien pour 80 détenus), apparaît parfois comme un centre modèle dans un paysage pénitentiaire dévasté ! Ainsi, pour ne citer qu’elles, la prison de Fresnes compte un taux d’occupation de 182 % et celle de Villepinte de 187 % !

Notons enfin, que certains expliquent désormais le phénomène par un « effet Werther » de suicides mimétiques…

Frédéric Haroche

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Vos réactions (2)

  • Que faire ?

    Le 10 août 2018

    Surpopulation carcérale = surpopulation de délinquants...... Alors que faire ?

    P. Lemaire

  • Déstructuration

    Le 11 août 2018

    Je republie mon commentaire, le premier n’ayant pas été publié, et je me demande bien pourquoi. La prison déhumanise, est suicidogène parce qu’elle rompt les contacts, surtout au fameux « mitard ». Cette contrainte destructure la personnalité. Un bon exemple est Abdelsalam, qui a refusé de prendre la parole au procès ; mais après 8 mois à l’isolement, on ne peut pas demander qu’il réponde de manière responsable, au grand dam des familles des victimes. Il faut que l’Etat réfléchisse !


    Dr Virgile Woringer

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