Trafic de (vrais) médicaments : quatorze prévenus jugés à Mulhouse

Au tribunal de Mulhouse s’est ouvert ce lundi le procès de 14 protagonistes d’un trafic de médicaments très onéreux. Ces produits étaient obtenus dans des pharmacies de multiples régions françaises avec des ordonnances volées ou falsifiées. Ils étaient ensuite rapatriés à Paris puis prenaient l’avion pour l’Égypte.

Mulhouse, le mercredi 18 mai 2022 - En mars dernier, le général Sylvain Noyau, chef de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement (OCLAESP) dressait un constat terrible à l’issue d’une opération de police lancée dans toute l’Europe : « le trafic de médicaments rapporte 10 à 20 fois plus que le trafic d’héroïne ». L’actualité judiciaire tend à rappeler la réalité d’un trafic qui s’organise le plus souvent à l’échelle internationale.

Depuis lundi, le tribunal correctionnel de Mulhouse se penche sur le sort de quatorze prévenus, poursuivis pour avoir organisé un vaste trafic de traitements contre le cancer entre la France et l’Egypte.

400 000 euros de médicaments

Fin 2019, l’OCLAESP recevait plusieurs signalements de pharmaciens d’officine et d’industriels du médicament concernant l’obtention de produits par le moyen d’ordonnances volées ou falsifiées.

En janvier 2020, un jeune homme de 22 ans, est interpellé après avoir tenté d’obtenir dans une pharmacie alsacienne des médicaments grâce à une fausse ordonnance. Les jours qui suivirent, une information judiciaire fut ouverte par le parquet de Mulhouse pour escroquerie aux médicaments.

L’objet du litige, l’Imbruvica, un anti-cancéreux indiqué dans le traitement du lymphome à cellules du manteau et de la leucémie lymphoïde chronique disponible en pharmacie de ville et remboursable à 100 %. Son prix public s’élevait en 2017 à 7787,39 euros pour un flacon de 120 gélules. L’enquête avait mis en lumière un système bien organisé. Des personnes bénéficiant de la CMU était recrutée sur le réseau Snapchat dans toute la France pour se procurer des médicaments en pharmacie par le biais de fausses ordonnances (moyennant le versement d’une commission).

Les produits obtenus étaient alors collectés pour être acheminés par la suite en Egypte. Plus de 400 000 euros de médicaments et plusieurs dizaines de milliers d’euros en liquide avaient été saisis au cours des investigations.

« Cette affaire s’inscrit dans un nouveau phénomène de fraude portant sur des trafics de médicaments oncologiques, apparu sur l’ensemble du territoire français et principalement en Île-de-France », a déclaré la présidente d'audience Christine Schlumberger, selon « Alsace.fr ».

Un médicament objet de nombreux trafics

Ce n’est pas la première fois que l’Imbruvica est à l’origine de trafics à l’échelle internationale. En février dernier, l’OCLAESP avait identifié un réseau similaire visant à l’exportation du produit vers plusieurs pays du Maghreb.

C.H.

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Vos réactions (1)

  • Misère derrière le trafic

    Le 22 mai 2022

    Cette fois ci ce n'est pas un trafic de Viagra ou autre produit dopant, mais d'un anticancéreux !
    Plus que tout autre ce trafic doit très certainement prospérer sur la misère : misère au départ... misère aussi très certainement à l'arrivée. Mettre en œuvre un traitement anticancéreux ne se fait pas sur un coin de table. Les utilisateurs finaux de ces médicaments ont ils les compétences et l'environnement adapté ? Les situations qui conduisent à acheter ces gélules sur je présume un marché noir ou gris sombre en Egypte doivent aussi très certainement être désespérées.

    Dr Michel Dupres

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