Une meilleure observance thérapeutique dans la schizophrénie pour ceux qui croient…

La bonne observance du traitement antipsychotique est cruciale pour l’amélioration des patients atteints de schizophrénie, rappelle une équipe de Chandigarh (en Inde), car une mauvaise adhésion aux médicaments est associée à une rechute des symptômes, une réhospitalisation, une augmentation des coûts des soins et un plus mauvais pronostic clinique, cognitif et fonctionnel.

Bien que la connaissance du taux de non-adhésion au traitement reste mal connue, on estime généralement que ce problème d’une mauvaise observance concerne environ un patient sur deux. Et comme peu d’informations sont encore disponibles pour évaluer l’effet de la religiosité et de la spiritualité sur l’adhésion aux médicaments chez les patients atteints de schizophrénie, les auteurs ont réalisé une étude (certes peut-être mal transposable dans d’autres pays du monde où les religions dominantes ne sont pas les mêmes qu’en Inde) sur l’association entre l’observance du traitement médicamenteux et différents aspects de la religiosité et de la spiritualité chez les sujets atteints de schizophrénie.

Le gage de la spiritualité

Portant sur cent patients schizophrènes, cette étude s’appuie notamment sur les outils suivants : Duke University Religion Index, DUREL (indice de religiosité de l’Université Duke à Durham, en Caroline du Nord)[1], Brief RCOPE (Brief Religious Coping Scale : échelle abrégée mesurant l’utilisation de ressources « religieuses » pour faire face au stress ou coping)[2], World Health Organization Quality of Life Spirituality, Religiosity and personal beliefs (WHOQoL‑SRPB : échelle de l’Organisation Mondiale de la Santé sur la qualité de vie, la spiritualité, la religiosité et les croyances personnelles)[3] et Brief Adherence Rating Scale (BARS : échelle abrégée d’évaluation de l’observance)[4].

Constatant qu’un niveau accru de religiosité et de recherche d’aides tirées de la religion dans les stratégies de coping se révèle associé à une meilleure observance thérapeutique (confirmée par l’échelle BARS), les auteurs considèrent que cette étude suggère l’existence d’un lien positif entre un niveau plus élevé de spiritualité et une meilleure observance du traitement antipsychotique.

[1] https://www.mdpi.com/2077-1444/1/1/78
[2] https://www.researchgate.net/publication/50235075_The_Brief_RCOPE_Current_Psychometric_Status_of_a_Short_Measure_of_Religious_Coping
[3] https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/70897/WHO_MSA_MHP_98.2_eng.pdf?sequence=1&isAllowed=y

Dr Alain Cohen

Référence
Triveni D et coll.: Does religiosity in persons with schizophrenia influence medication adherence? Indian J Psychiatry 2021; 63: 228-232.

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Vos réactions (1)

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    Le 20 octobre 2021

    Mais le top, ce sont les schizophrènes qui croient à la schizophrenie, ceux là sont guéris d'avance. Les groupes pharmaceutiques, du reste, se sont lancés, après le catéchisme, dans la catéchèse des incroyants, aka éducation du patient, clamant partout que la schizophrénie c'est ce qui est guéri par leurs Antipsychotiques.
    Le chat retombe toujours sur ses pattes, mais non point l'âne, tant pis pour moi.

    Dr Gilles Bouquerel

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