Vaccination antigrippale : les infirmiers doivent plus que jamais être en première ligne

Paris, le lundi 20 novembre 2017 – Alors que la méfiance des infirmiers vis-à-vis de la vaccination antigrippale est de plus en plus marquée  (seuls 10 % d'entre eux se vaccinent contre 25 % de médecins), un arrêté vient élargir les compétences infirmières en la matière et l’Ordre national des infirmiers (ONI) s’engage dans une campagne visant à convaincre les infirmières de se vacciner et de vacciner leurs patients.

De nouveaux cas où l’infirmier peut vacciner contre la grippe sans prescription médicale

Depuis 2008 les infirmiers peuvent pratiquer l’injection vaccinale sans prescription préalable du médecin (à l’exception de la primo injection). L'arrêté du 14 novembre 2017 vient élargir la liste des personnes pouvant en bénéficier.

Peuvent donc désormais être vaccinées par ces auxiliaires médicaux, sans prescription médicale, les personnes atteintes de maladie hépatique chronique, les personnes obèses avec un IMC égal ou supérieur à 40kg/m², les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ainsi que dans un établissement médico-social d'hébergement, l'entourage des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave, les professionnels en contact régulier et prolongé avec des personnes à risque de grippe sévère (professionnels de santé mais aussi, par exemple personnel navigant des bateaux de croisière ou des avions).



Un devoir déontologique

Dans ce cadre et pour tordre le cou aux réticences, l’ONI a lancé une campagne de sensibilisation notamment par la voix des réseaux sociaux.
L’une des 3 affiches, plutôt à destination du grand public, annonce « L’hiver dernier, la grippe a tué plus de 20 300 personnes en France, vaccin contre la grippe tous concernés, parlez en à votre infirmière ». Les deux autres, visant davantage les professionnels prévient « je vous vaccine, je me vaccine, vaccin contre la grippe : tous concernés ». 

L’interpellation ordinale ne se paye pas de mots, considérant la forte mortalité liée à la grippe saisonnière et au regard de la couverture vaccinale, l’immunisation antigrippale des professionnels de santé est un devoir déontologique.
En marge de ces slogans, l'ONI souligne, qu'en 2016, la concertation citoyenne a fortement recommandé la vaccination des professionnels.
 
Rappelons également que cette question a été ouvertement posée le 11 janvier dernier par le professeur Benoît Vallet, directeur général de la santé, lors d’une conférence de presse consacrée à la gestion par les autorités sanitaires de l’épidémie de grippe.
Regrettons, néanmoins, que cette opération ne reçoive pas un appui ministériel équivalent à celui dont bénéficient les pharmaciens…

Frédéric Haroche

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Vos réactions (1)

  • Pas de vraies études de santé publique

    Le 21 novembre 2017

    Ce serait intéressant de comparer la morbimortalité due à la grippe entre les Pays-Bas, vaccinés à 80%, la France, à 50% et l'Estonie à 1%. Nos autorités se soucient plus de nous fournir des estimations hypothétiques que de faire de vraies études de santé publique.
    Sinon, c'est sur nos cotisations que l'ONI fait sa campagne de pub pour le VAG?

    Catherine Harris

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