Vincent Lambert : le Défenseur des droits appelé à l’aide

Paris, le jeudi 16 mai 2019 – Hier, un nouveau recours des parents de Vincent Lambert, ce patient tétraplégique et en état pauci-relationnel depuis 2008, a été rejeté par le tribunal administratif de Paris.

Les parents demandaient au juge des référés de suspendre l'interruption des soins, prévue le 20 mai,  dans l'attente de l'examen d'une plainte déposée devant le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) relevant du Haut-commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU. Les requérants invoquaient également « l'atteinte grave et manifestement illégale portée au droit au respect de la vie et au droit au recours effectif, qui constituent des libertés fondamentales ».

Le jugé des référés « a estimé que le droit au recours effectif était hors de cause, dès lors que le comité des droits des personnes handicapées, qui n'est pas une instance nationale, ne constitue pas une juridiction », selon un communiqué du tribunal.

« Nous ne sommes malheureusement pas surpris », ont réagi les avocats des parents de Vincent Lambert, Me Jean Paillot et Jérôme Triomphe qui dénoncent « un coup de force de l’État » et « une violation manifeste du droit ».

Dans les faits le CIDPH a bien demandé à la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins, dans l'attente d'une instruction sur le fond, mais les avis de ce comité ne sont pas contraignants.

Avant ce nouveau rejet, lundi, les conseils des époux Lambert avaient également annoncé avoir saisi le Défenseur des droits. Ils attendent une intervention solennelle de Jacques Toubon. « C’est au Défenseur des droits de monter au créneau et de faire pression sur le gouvernement français pour que les mesures provisoires soient effectives », a affirmé Me Paillot.

Xavier Bataille

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Vos réactions (3)

  • Qui paie...

    Le 16 mai 2019

    ...cette mascarade sans fin à rebondissements multiples?

    Dr Daniel Muller

  • Le laisser atteindre le terme de cette vie

    Le 17 mai 2019

    Il existe de nombreux patients dans cet état et les médias ne se polarisent que sur cet homme célèbre malgré lui. Pourquoi n'est-il pas admis en unités de cérébro-lésés de SSR ? Pourquoi le retour au domicile de ses parents n'est-il pas organisé? Toute la société est allée trop loin sur ce cas. Il faut le laisser atteindre le terme de cette vie fut-elle diminuée en maintenant apports hydriques et caloriques. Et ne pas réanimer en cas de détresse respiratoire ou autres complications. Le fait qu'il reste en vie est significatif et interpelle. Mais nous devons garder en mémoire le tragique combat pour éviter d'autres drames semblables.

    Dr Anne-Yvonne Pasquier

  • Puisse ce débat nous éclairer pour l'avenir

    Le 21 mai 2019

    Quid des autres patients dans cet état (il y en aurait donc tant?). Quid des directives anticipées ? Du droit à mourir dans la dignité ? Du droit à mourir tout court ?

    Marie-Emmanuelle Behr-Gross (pharmacien)

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