De quoi j’ai l’air ?

A.ROUBLEV,

New-York

 

En février 2002, une jeune femme de 24 ans est admise en urgence dans un hôpital universitaire de Tokyo pour des douleurs thoraciques intenses. Lorsqu’elle a été vue par son généraliste, ces douleurs s’accompagnaient d’un sus-décalage du segment ST dans les dérivations V1 à V5 de l’ECG. Douleurs et sus-décalage ont cédé à l’administration de trinitrine.

Devant ce syndrome coronarien aigu (SCA), une coronarographie est immédiatement pratiquée. Elle met en évidence un aspect de sténoses diffuses des deux tiers distaux de l’interventriculaire antérieure (IVA) sans « flap » (paroi décollée) visible, la coronaire droite (CD) et la circonflexe (CX) apparaissant comme normales (Cliché A). Le diagnostic d’infarctus du myocarde est confirmé par une élévation de la créatine kinase et de sa fraction MB (186 microg/L pour une normale inférieure à 5, à la 6ème heure de la douleur).

L’administration par voie parentérale de dinitrate d’isosorbide et de nicorandil ne permettant pas de lever les sténoses de l’IVA, les cardiologues en charge de la patiente évoquent soit un spasme artériel réfractaire, soit une dissection coronaire spontanée. Un traitement par héparine, aspirine, diltiazem et inhibiteur du récepteur de l’angiotensine est institué.

Le bilan étiologique de cet infarctus du myocarde chez une femme très jeune est totalement négatif. Il n’existe ni antécédents familiaux vasculaires, ni facteurs de risque personnels. Il n’y a ni hypercoagulabilité, ni affection inflammatoire.

  Cliché A : Coronarographie à l’admission :
sténoses diffuses de l’interventriculaire antérieure (IVA).
Cliché B : Coronarographie au 26ème jour :
aspects de déchirures de la coronaire droite (CD)
et de la circonflexe (CX) (flèches).

 Au 26ème jour, une nouvelle coronarographie est pratiquée pour contrôler l’état de l’IVA. On a alors la surprise de constater que si l’aspect sténotique de l’IVA s’est spontanément amendé, la CX et la CD présentent des déchirures intimales qui signent des dissections multiples (Clichés B). Les opérateurs décident alors d’interrompre momentanément l’examen pour décider d’une thérapeutique. Mais durant cette pause, la malade ressent une nouvelle douleur angineuse.

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