UNE DROLE DE GRIPPE

Le jeune Vincent R., né le 27 avril 1979, est hospitalisé en août 1993 pour une hyperthermie évoluant depuis 4 jours et traitée depuis 24 heures par de l'Augmentin®, devant l'apparition d'une toux, une vitesse de sédimentation accélérée, à 62 mm à la première heure, une CRP élevée atteignant la concentration de
220 mg/litre.

De plus, l'hémogramme, qui a été effectué antérieurement, montre une leucocytose à 6 600 avec 82% de polynucléaires.

A son admission, l'interrogatoire retrouve la notion de nausées, de vomissements, de courbatures, de céphalées et d'épistaxis répétées. Cliniquement, il n'existe pas de syndrome méningé. En revanche, l'auscultation pulmonaire met en évidence quelques ronchus dans les deux champs pulmonaires, mais le cliché thoracique est normal.

Le nouvel hémogramme, qui est alors réalisé, fournit les résultats suivants : un nombre de leucocytes égal à 8 440, constitué pour 85,3% de polynucléaires neutrophiles, 0,1% d'éosinophiles, 8% de lymphocytes, 5,1% de monocytes ; un nombre d'hématies égal à 4,45 millions, avec une hémoglobinémie à 12,7 g/1, un hématocrite à 37,6%, un volume globulaire moyen à 84,6 m3, des plaquettes à 135 000 par mm3. La concentration de CRP est de 196 mg/litre.

L'ionogramme met en évidence une urémie à 10,5 mmol/l (N : 1,83 - 2,77), une créatinine plasmatique à 121 mmol/l (N : 65,5 ± 20), un taux de protéines à 69 g/l, des concentrations de chlore à
96 mEq/l, de sodium à 139 mEq/l, de potassium à 4,7 mEq/l, une réserve alcaline à 31 mEq (N : 24 ± 2), enfin, une glycémie à 6,7 mmol/l.

Le bilan est complété par la réalisation d'hémocultures. Des électrosynérèses, demandées sur le sérum pour le méningocoque et le pneumocoque, se révèlent négatives. En revanche, l'examen du sédiment urinaire sur Labstix® décèle la présence d'une hématurie (3 croix) et de traces d'albumine, sans leucocyturie.

L'existence d'une toux fébrile, associée à une élévation de la CRP, faisait évoquer en première hypothèse une infection bactérienne, en particulier, une pneumonie à pneumocoque, malgré l'absence d'image radiologique sur le cliché thoracique. Elle n'expliquait cependant pas l'hématurie et l'élévation des taux d'urée et de créatinine. Le deuxième diagnostic envisagé était celui d'une pyélonéphrite aiguë, ce qui explique qu'après un prélèvement urinaire pour réalisation d'un ECBU, un traitement antibiotique fut débuté, associant Claforan® et Amiklin®.

Le 21 août, la température était de 37°8 ; l'hémogramme montrait une leucocytose à 3 980 avec 41,8% de polynucléaires neutrophiles, et la CRP était dosée à 93 mg/l. L'urémie était égale à 7,11 mmol/l, le taux de créatinine à 84 mmol/l. En outre, Vincent se plaignait toujours de céphalées, il avait vomi à deux reprises, et l'on notait à l'examen clinique une discrète raideur méningée. Enfin, il avait présenté dans la nuit une nouvelle épistaxis et toussait toujours ; de plus, l'auscultation pulmonaire était inchangée et un examen attentif permettait de découvrir un discret sub-ictère.

Une reprise de l'interrogatoire retrouvait alors la notion de bains de lac, une semaine avant les premiers symptômes.

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