Avis de tempête sur l’approvisionnement en médicaments en Amérique du Nord

Porto Rico, le samedi 7 octobre 2017 – Il y a quinze jours, l’ouragan Maria dévastait Porto-Rico. Aujourd’hui encore, une grande partie de l’île est privée d’électricité, tandis que les routes restent bloquées et que de nombreuses infrastructures n’ont pu retrouver un fonctionnement normal. Ces ravages inquiètent fortement l’industrie pharmaceutique nord-américaine : Porto-Rico abrite en effet pas moins de 80 usines de fabrication de médicaments.

Des conséquences majeures pour la santé publique

Incités à s’y installer par de nombreux avantages fiscaux il y a une quarantaine d’années, les laboratoires pharmaceutiques américains et canadiens notamment sont nombreux à avoir conservé leurs installations dans la région. Aujourd’hui, la dévastation de l’île met en péril l’approvisionnement du marché américain pour de nombreux médicaments. « Certains d’entre eux sont essentiels pour la santé des Américains » a averti un responsable de la Food and Drug Administration, Scott Gotlieb. « Un accès restreint à ces produits pourrait avoir des conséquences réelles sur la santé publique » a-t-il encore ajouté. Cette préoccupation est partagée par le Canada. Santé Canada déplore notamment l’absence de visibilité sur les spécialités pharmaceutiques qui pourraient être concernées par des problèmes de production. Les ruptures qui pourraient intervenir au moment de l’écoulement des stocks actuels sont d’autant plus redoutées au Canada que le pays est régulièrement confronté à des pénuries de médicaments essentiels.

L’Europe aidera-t-elle les Américains du Nord ?

Déjà, des réflexions se sont engagées pour envisager des solutions, mais l’incertitude demeure. « Si un fabricant n'est pas capable de nous fournir un produit critique, il va falloir en faire venir d'Europe, Mais qui en fait en Europe ? Qui est prêt à nous en vendre ? En restera-t-il si les Américains en commandent avant nous et paient le gros prix ? Est-ce qu'on peut activer ça rapidement avant qu'on soit en situation problématique ? » s’interroge ainsi le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec Bertrand Bolduc.

Les industriels de leur côté tentent de rassurer en indiquant qu’une production limitée a pu reprendre même si de nombreux employés manquent à l’appel.

Aurélie Haroche

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