Ces jeunes qu’on enterre

Genève, le samedi 20 mai 2017 – Femmes, nourrissons, personnes âgées : certaines catégories de la population sont l’objet d’attentions constantes de la part des autorités. D’autres sont plus souvent oubliés : « Les adolescents ont été complètement absents des plans nationaux pour la santé pendant des décennies » assure ainsi le docteur Flavia Bustreo, sous directrice générale à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) se montrant peut-être un peu trop définitive mais mettant en évidence un phénomène négligé. Pourtant, les fléaux qui frappent les jeunes sont majoritairement évitables et parfois par des mesures simples et peu coûteuses.

Accidents de la route, assassinats, suicides : violence meurtrière chez les garçons

Chaque jour, 3 000 adolescents âgés de 10 à 19 ans meurent dans le monde, soit 1,2 millions chaque année, a rappelé cette semaine l’OMS. Les accidents de la route sont les premières causes de décès dans cette tranche d’âge (autour de 115 000 par an). Une réalité qui conduit une nouvelle fois l’OMS à rappeler aux pays en voie de développement l’urgence de se doter de législations plus strictes sur la sécurité routière, imposant notamment le port de la ceinture de sécurité. Les infections des voies respiratoires inférieures emportent pour leur part plus de 72 000 jeunes gens chaque année, tandis qu’environ 67 000 se suicideront. Des différences importantes existent en fonction des sexes et des continents. Ainsi, les accidents de la route tuent très majoritairement les garçons (88 000 vs 26 000 filles). Les violences dites « interpersonnelles » dans la terminologie de l’OMS sont par ailleurs la deuxième cause de mortalité chez les jeunes hommes, juste devant les noyades. Ces deux dernières causes sont marginales chez les jeunes femmes, qui périssent d’abord d’infections des voies respiratoires inférieures (36 000) et par suicide (dans des proportions cependant moindres que les garçons 32 000 vs 34 000). Les maladies diarrhéiques (32 000 décès) et les complications gynécologiques liées à la grossesse et à l’accouchement (29 000) les emportent par ailleurs plus souvent que les accidents de la circulation. On observe en outre des différences en fonction des continents : non seulement les décès d’adolescents se concentrent majoritairement dans les pays pauvres (plus deux tiers), mais surtout le suicide est en Europe la première cause de mortalité des jeunes gens (devant les accidents de la route). 

Prise de conscience collective

Ces chiffres doivent inciter les autorités à une prise de conscience. Les adolescents devraient notamment pouvoir mieux identifier les services d’aide, en cas par exemple de troubles dépressifs. L’OMS insiste en outre sur la nécessité d’une meilleure éducation sexuelle, notamment à l’intention des jeunes filles. Mais l’amélioration des systèmes de santé et la pédagogie ne résoudront pas tout : une prise de conscience collective doit se faire jour, afin que le bien être et la santé des adolescents soient enfin placés en tête des préoccupations des autorités... mais aussi des familles.

Aurélie Haroche

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