Faut-il changer les horaires de la permanence des soins ?

Paris, le jeudi 5 décembre 2019 - MG France est en première ligne pour défendre une révision des horaires de la permanence des soins ambulatoires (PDSA), qui fait d’ailleurs l’objet d’un consensus syndical.

Actuellement, la PDSA concerne en semaine les plages horaires de 20 h à 8 h du matin, les week-ends du samedi 12 h au lundi 8 h ainsi que les jours fériés. Cette astreinte donne lieu à une rémunération de 50 euros de 20 h à minuit, de 100 euros les samedis après-midi et de 150 euros les dimanches.

Dans ce cadre, l’organisation dirigée par le Dr Jacques Battistonni a réalisé une enquête auprès de 2 125 médecins qui fréquentent son site internet sur leurs attentes en matière de permanence des soins et d’horaires de travail.

Certes les résultats de ce sondage reflètent l’opinion des sympathisants de MG France, mais les résultats sont néanmoins tranchés. Ainsi, 76 % demandent une refonte des horaires de la PDSA, 70% demandent l'inclusion du samedi matin dans ces horaires, 44% souhaitent qu’en semaine les horaires de la PDSA débutent à 18h et non 20h. Sur ce point le patron de MG France expliquait, en septembre, à nos confrères du Généraliste « diminuer les horaires de la continuité des soins facilitera son organisation et cela permettra aussi que les médecins de garde ne se retrouvent pas à 20 heures du soir avec des appels en attente depuis deux heures ».

Enfin seuls 19 % pensent qu'il ne faut rien changer « puisque les tours de garde sont organisés et effectués par les volontaires » et 5 % ne s'estiment pas concernés.

Faire pression sur Agnès Buzyn


Ce sondage intervient dans un contexte de recul de la participation à la PDSA. Ainsi, la dernière enquête annuelle de l’Ordre (mars 2019) fait apparaître que le taux de participation à la PDSA a diminué dans 32 % des départements français, est demeuré stable dans 36 %, quand il n’augmentait que dans 19 %. Dans certains territoires, la situation est devenue critique : ainsi 36 % des secteurs de garde sont aujourd’hui couverts par moins de dix médecins volontaires et 18 % par moins de cinq médecins volontaires.

« Les médecins généralistes disent clairement stop aux horaires de travail extensifs. Eux aussi ont droit à une vie de famille et à des loisirs. C’est même la condition indispensable pour rendre à la médecine générale libérale son attractivité » souligne enfin MG France.
Fort de ces résultats le syndicat annonce le lancement d’une nouvelle enquête « sur les moyens de pression » que les médecins sont prêts à utiliser.

L’avenue de Ségur est ainsi prévenue, alors qu’Agnès Buzyn s’était dite opposée à une telle évolution lors de la dernière université d’été de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux Français).  

F.H.

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