Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe : la pédagogie au rendez-vous

Paris, le jeudi 22 juin 2017 – Quelques jours après la disparition d’un des pionniers de la transplantation, le professeur Christian Cabrol, l’Agence de biomédecine organise sa 17ème journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe. A l’instar des années précédentes, cette manifestation n’est pas le lieu d’une promotion du don, mais une invitation à faire connaître sa position à ses proches. Cependant, depuis le début de l’année, le principe de « consentement présumé » a été renforcé, comme le rappelle une campagne télévisée diffusée depuis quelques jours. C’est donc de manière explicite, par l’inscription sur le registre des refus, ou par un message à ses proches (que ces derniers pourront retranscrire de manière circonstanciée en cas de décès) que l'opposition éventuelle au prélèvement de ses organes doit être signifiée.

Objectif : un taux de refus ramené à 25 % en 2021

L’objectif de ce changement est bien sûr une diminution du taux de refus, qui concerne toujours 32 % des prélèvements et qui demeure stable depuis de nombreuses années. Cet immobilisme n’a cependant pas empêché le nombre de greffes de continuer à augmenter ces dernières années, grâce notamment à un élargissement des critères de prélèvement à l'extension des possibilités d'avoir recours à des donneurs vivants et à une amélioration de l’organisation. Ainsi, le nombre de transplantations est passé de 5 023 à 5746 entre 2010 et 2016. Cependant, parallèlement, la progression des patients en liste d’attente était bien plus marquée (en raison du vieillissement de la population et de l’élargissement des indications), atteignant 14 471 en 2016 contre 10 649 en 2012. Aujourd’hui, l’objectif est de viser les 7 800 greffes à l’horizon 2021 en faisant progresser le nombre de transplantations rénales à partir de donneurs vivants, qui bien qu’en augmentation reste minoritaire (autour de 20 %). Pour atteindre ce score, il faudra également que le taux de refus ne dépasse plus les 25 % (ce qui est déjà le cas dans certaines régions ; les disparités inter-régionales étant très fortes). Reste à savoir si le nouveau "régime" et les campagnes rappelant les règles qui s’appliquent suffiront, quand il est fort probable que les équipes hospitalières parviendront difficilement à s’opposer au refus d’une famille, même si son expression n’est pas conforme aux modalités prescrites par la loi.

Aurélie Haroche

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