La durée de vie augmente et celle de la dépendance aussi…

Avec l’allongement de l’espérance de vie se pose la question de la dépendance en fin de vie. Les années « gagnées » se traduisent-elles dans la population générale par une augmentation des années passées dans un état d’invalidité ou de dépendance, avec comme corolaire une augmentation des besoins d’assistance médicale et d’aides sociales ? C’est une question d’importance, dans une période où les sociétés vieillissantes ne peuvent plus forcément assurer le soutien familial aux plus âgés et où les coupes dans les budgets publics influencent les durées d’hospitalisation et réduisent les aides sociales disponibles.

Pour répondre à cette question, une équipe du Royaume-Uni a comparé les résultats de 2 études réalisées à 20 ans d’intervalle, dans 3 régions du pays.  Ces deux enquêtes collectaient des informations concernant les donnés socio-démographiques, le statut cognitif, la présence d’une incontinence urinaire et la capacité à accomplir les activités de la vie quotidienne. Les participants étaient âgés de 65 ans et plus. Quatre stades de dépendance étaient définis : dépendance importante (assistance nécessaire pendant 24 heures), moyenne (soins quotidiens), faible (nécessité d’une assistance moins d’une fois par jour) et pas de dépendance.

Deux ans de plus en faible dépendance

Entre les deux périodes, si la durée de vie a augmenté, les années passées en dépendance ont elles aussi augmenté. En effet, 2 ans supplémentaires environ sont passés en état de faible dépendance (+ 1,7 ans pour les hommes et + 2,4 ans pour les femmes). Et surtout, la durée de l’état de grande dépendance augmente d’1 an environ entre les deux périodes (+ 0,9 ans pour les hommes et + 1,3 ans pour les femmes). La plus grande partie des années gagnées par les hommes sont passées sans dépendance (36,3 %) ou faible dépendance (36,6 %), alors que pour les femmes, la dépendance est faible majoritairement (58,0 %), mais nulle pendant seulement 4,8 % du temps gagné.

Plus de patients dépendants reçoivent les soins à domicile, délivrés par leur famille, leurs proches, ou des structures d’aide familiale : 51,8 % des patients de plus de 85 ans en grande dépendance vivent à domicile en 2011, contre 73,5 % en 1991. Les projections arrivent toutefois à la conclusion que, si l’état actuel des choses se maintient, plus de 71 mille places supplémentaires en maisons médicalisées seront nécessaires au Royaume-Uni d’ici 2025.

Dr Roseline Péluchon

Références
Kingston A et coll. : Is late-life dependency increasing or not? A comparison of the Cognitive Function and Ageing Studies (CFAS).
Lancet, 2017 ; publication avancée en ligne le 14 août. doi: 10.1016/S0140-6736(17)31575-1.

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