Le prix du panache

Paris, le samedi 27 mai 2017 – Il n’a pas reçu de lettre d’admonestation ou de mise en garde et il est probable que ce contournement de la tarification dure encore longtemps avant d’être sanctionné. D’autant plus que les patients se disent « solidaires ». De toute manière, le docteur Thierry Deregnaucourt n’est guère connu de la Caisse nationale d’Assurance maladie: il ne pratique pas la télétransmission, encore moins le tiers payant et fait partie des rares médecins qui ont refusé de bénéficier de la rémunération sur objectif de santé publique (ROSP). Cependant, il est attaché au principe de la Sécurité sociale et est installé en secteur 1. Et même s’il estime que le tarif de la consultation est très en deçà de la valeur de l’acte médical, il ne se laissera pas tenter par les sirènes des dépassements d’honoraires. D’ailleurs, plutôt qu’un surcoût, le docteur Thierry Deregnaucourt affiche des tarifs inférieurs aux autres médecins généralistes. Il refuse en effet d’appliquer la majoration de deux euros pouvant être ajoutée au C depuis le 1er mai par les omnipraticiens. Son maintien au tarif de 23 euros est une protestation contre « l’aumône accordée à nos émoluments » explique le praticien installé à Sailly-en-Ostrevent (Pas de Calais) au Quotidien du médecin. A ses yeux, pour tenir compte du niveau d’études, « d’implication dans la santé de nos contemporains » et de responsabilité, le tarif de la consultation devrait atteindre 50 euros même s’il est bien conscient que cette somme est trop élevée pour un grand nombre de patients. Aussi, attend-il de l’Etat qu’il mette en place une réduction des charges significative qui contribuerait à une augmentation du prix de la consultation sans peser sur les finances des patients et de la Sécurité sociale. A défaut d’une telle solution, il refuse les deux euros jetés aux médecins pour acheter leur tranquillité.

M.P.

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