L’exposition de la population française aux pesticides est en recul

Paris, le jeudi 16 décembre 2021 – Bien que pour la plupart des pesticides, les niveaux de pesticides retrouvés dans les fruits et légumes ne dépasse quasiment jamais les doses journalières admissibles (DJA), la présence de ces substances, même à l’état de traces, dans l’alimentation et notre environnement est l’objet d’une attention soutenue et croissante de la part de la population, de nombreuses associations et des autorités.

Des substances interdites depuis plusieurs dizaines d’années toujours présentes

Dans ce cadre a été déployée en France l’Etude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (ESTEBAN) destinée à une évaluation et un suivi plus précis des « niveaux d’imprégnation de la population française à une centaine de substances retenues au retard de leur impact présumé et/ou observé sur la santé ». L’étude concerne tant les enfants que les adultes. Plusieurs volets ont déjà été publiés et notamment en juillet 2021 des données concernant les métaux lourds. Les résultats présentés aujourd’hui par Santé publique France sont porteurs d’une nouvelle encourageante qui permet de nuancer certains discours alarmistes régulièrement entendus : l’imprégnation globale de la population française aux pesticides est aujourd’hui en recul. C’est le cas pour tous les produits étudiés, à l’exception du métabolite de la deltaméthrine (Br2CA). Cette observation générale positive n’exclut cependant pas quelques bémols. La détection de substances interdites pour certaines depuis plusieurs décennies est notamment un phénomène préoccupant. Ainsi, retrouve-t-on notamment des organochlorés, des organophosphorés, des carbamates, des PCB et des dioxines et furanes. SPF relève notamment que « le lindane est quantifié chez presque 50 % de la population des adultes ou des enfants », alors que cette substance n’est plus utilisé depuis 1998. Cette persistance est un rappel de la nécessité de la plus grande vigilance lors de l’autorisation d’une substance, compte tenu de la difficulté de l’éliminer totalement après son introduction dans l’environnement.

Le glyphosate retrouvé chez moins de 20 % des enfants et des adultes ?

L’enquête de Santé publique France signale par ailleurs que les niveaux d’imprégnation des Français sont comparables à ceux retrouvés dans les autres pays européens, à l’exception des du « β-HCH, le métabolite des organophosphorés (DMTP) et le Br2CA pour lesquels les concentrations mesurées en France sont plus élevées ». Dans sa présentation, l’agence fait par ailleurs un petit focus sur le très célèbre glyphosate, quantifié chez moins de 20 % des adultes et des enfants. Ces résultats là encore rassurants ne manquent cependant pas de faire réagir les pourfendeurs de cette substance, dont le journal Le Monde qui rappelle que l'AMPA, le principal produit de dégradation du glyphosate, est détecté à l’état de traces dans les urines de 74 % des adultes et de 93 % des enfants.

Intérêt de manger bio

Concernant les facteurs entraînant une imprégnation plus élevée, ils diffèrent en fonction des substances. Une alimentation riche en œufs peut ainsi d’avantage exposer aux organochlorés, PCB/dioxines/furanes, tandis que les gros consommateurs de viande connaissent des niveaux d’imprégnation en pyréthrinoïdes, PCB/dioxines/furanes plus importants. Le tabagisme (ou l’exposition au tabac) et le recours à des insecticides domestiques sont pour leur part associés à des concentrations plus élevées de pyréthrinoïdes. En juillet, le tabagisme était déjà signalé comme l’un des premiers facteurs d’une imprégnation plus importante en métaux lourds. A contrario, SPF signale que la consommation de produits issus de l’agriculture biologique tendrait à diminuer l’imprégnation en organochlorés, en DMTP (métabolite des organophosphorés), et en pyréthrinoïdes. Le fait d’aérer régulièrement son habitation est également un comportement qui permet de diminuer ses niveaux d’imprégnation.

Aurélie Haroche

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