Obésité : la Cour des Comptes veut serrer la ceinture de l'industrie agroalimentaire

Paris, le jeudi 12 décembre 2019 – Dans un rapport publié ce mercredi sur la lutte contre l’obésité en France, la Cour des Comptes pointe du doigt une politique volontariste mais pas assez contraignante, notamment vis-à-vis des industriels .Les autorités sanitaires françaises s’en sortent avec les encouragements.

Dans son rapport sur la lutte contre l’obésité en France publiée ce mercredi, la Cour des Comptes reconnait que notre pays est l’un des rares à s’être lancé « dans une politique publique de santé nutritionnelle ambitieuse » tout en soulignant les insuffisances de cette politique. Pour les magistrats, les divers plans de lutte contre le surpoids engagés en France depuis le début des années 2000 ne vont pas assez loin. Ils dénotent d’une politique « volontariste mais mal coordonnée ».

Une politique trop peu contraignante

La principale lacune de la politique de prévention de l’obésité en France serait un trop grand laxisme envers l’industrie agroalimentaire selon la Cour. « Pour améliorer la qualité nutritionnelle des aliments, les pouvoirs publics ont choisi une méthode incitative reposant sur le volontariat des industries agroalimentaires (…) les pouvoirs publics devraient travailler à l’adoption d’une régulation plus contraignante » résume le rapport.

La Cour regrette notamment que le Nutri-Score, cette échelle de couleurs qui informe le consommateur sur les qualités nutritionnelles d’un produit, ne soit pas obligatoire, en raison de la réglementation européenne. Sa généralisation « se heurte à l’opposition d’une partie des industriels » déplore le rapport. Seul 5 % des produits vendus en grande distribution présentent cette infographie selon l’association UFC-Que Choisir.

Taxer les produits les plus mauvais pour la santé

Pour améliorer l’efficacité des politiques de lutte contre l’obésité, la Cour émet plusieurs recommandations. Elle souhaite notamment que soient mis en place des taux maximums de sel, de sucre et de gras dans la composition nutritionnelle des aliments, déterminés en concertation avec les industriels. Elle envisage également une taxation supplémentaire des produits les plus mauvais pour la santé, sur les modèles des taxes sur le tabac dont l’efficacité n’est plus à prouver. Enfin, la Cour demande un élargissement au secteur privé de la loi Gattolin qui, depuis le 1er janvier 2018, interdit la publicité dans les programmes audiovisuels du service public destinés à la jeunesse.

Aujourd’hui en France, 49 % des adultes sont en surpoids et 17 % sont obèses. Notre pays se situe sous la moyenne de l’OCDE (23 % d’obèses) mais bien au-dessus de pays comme le Japon (4,2 %) ou l’Italie (9,8 %). Après avoir doublé dans les années 1990, la prévalence de l’obésité stagne en France depuis 2005. Une situation encourageante qui masque, selon la Cour des Comptes, des inégalités sociales et territoriales préoccupantes.

QH

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