Objectif rentrée : faire bouger les enfants

Paris, le mercredi 30 août 2017 – Un arrêté publié au cœur du mois d’août consacré aux examens auxquels les aficionados de certains sports dits à risque doivent se soumettre pour obtenir un certificat d’aptitude a suscité, nous l’avons évoqué, les réticences et critiques de plusieurs syndicats de médecins généralistes. Cette attention des organisations s’explique par l’importance du sujet : la pratique d’une activité physique est une recommandation unanime, notamment pour les jeunes enfants. Cependant, le message peine à être entendu.

Chez les enfants et les adolescents, la moitié seulement ont un niveau d’activité physique conforme aux recommandations du Programme national nutrition santé. On estime encore qu’entre 40 à 60 % des écoliers et des collégiens ne font pas de sport en dehors de l’éducation physique et sportive prévue par les établissements scolaires. Par ailleurs, la fréquentation d’une association sportive diminue avec l’âge : 65 % des enfants de 11 ans y sont inscrits, contre 42 % à l’âge de 18 ans. Des différences existent en outre entre les sexes (les filles pratiquent moins d’activité physique) et plus encore en fonction du niveau socio-économique. Les enfants issus des familles les moins favorisées ont moins souvent tendance à pratiquer un sport. D’une manière générale, la sédentarité, favorisée par l’attractivité des écrans progresse et fait le lit du surpoids et de l’obésité.

Des enfants moins performants que leurs parents… voire leurs grands-parents

Les effets sur les capacités physiques de nos têtes blondes commenceraient à se faire sentir. Le Monde rappelle ainsi aujourd’hui les résultats de plusieurs études mettant en évidence comment les chérubins d’aujourd’hui s’épuisent plus rapidement que ceux d’hier, par manque d’entraînement et en raison de quelques kilos superflus. Ainsi, des chercheurs américains, canadiens et australiens ont passé en revue 177 études présentant les résultats de plus d’un million d’enfants et adolescents (âgés de 9 à 17 ans). Ces travaux étaient notamment nombreux à recenser les performances lors du « test du bip bip », mis au point dans les années 1980 par un physiologiste de Montréal et qui consiste à courir jusqu’à épuisement tous les 20 mètres (signalés par un bip bip). L’exercice permet de mesurer la capacité aérobie. Or, les recoupements des chercheurs anglo-saxons, qui ont publié leurs premiers résultats fin 2016 dans le British Journal of Sports Medecine ont permis de mettre en évidence que la capacité aérobie a diminué de 0,35 % par an depuis le début des années 80. Dans le même esprit, le chercheur australien Grant Tomkinson avait pu mettre en évidence il y a quelques années que les enfants de 9 à 17 ans mettent aujourd’hui 80 secondes de plus à parcourir une distance de 1 600 mètres que ceux et celles qui avaient cet âge il y a 30 ans.

Savoir que l’on a couru plus vite que ses enfants, pourrait en inciter plus d’un à courir les inscrire à un club de sport !

Léa Crébat

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