Virus de la grippe aviaire H7N9 : la Chine refuse de collaborer à l’élaboration du vaccin

Pékin, le jeudi 6 septembre 2018 - Les autorités chinoises refusent depuis plus d’un an de délivrer aux autorités américaines les souches du virus de la grippe aviaire H7N9. Un manque de coopération qui pourrait affecter l’élaboration d’un vaccin.

Un blocus très dommageable pour la santé publique

C’est peut être une conséquence inattendue de la guerre commerciale que se livrent actuellement les États-Unis et la Chine. Depuis plus d’un an, la Chine refuse de délivrer aux autorités américaines des souches du virus de la grippe aviaire H7N9 et ce malgré les demandes insistantes des CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies). Et sans ces souches, les scientifiques américains ne peuvent pas travailler à l’élaboration d’un vaccin contre ce virus mortel. « Cela affecte la capacité de notre nation à se protéger contre les infections qui peuvent se répandre dans le monde entier » a résumé le docteur Michael Callahan, professeur à Harvard.

Les efforts pipés du PIP

Le premier cas humain d’infection par le virus aviaire H7N9 a été détecté en Chine en mars 2013. Depuis, 1 625 cas ont été recensés, tous en Chine, provoquant 623 décès (soit un taux de mortalité de 38%). Toutes les victimes avaient été en contact avec des volailles et aucun cas de transmission interhumaine n’a été rapporté jusqu’à présent. Mais les experts craignent que le virus ne mute et devienne un danger planétaire. D’où l’insistance des scientifiques américains pour recevoir des souches et élaborer un vaccin. Après la pandémie de grippe H1N1 en 2009-2010, l’OMS avait mis en place le PIP, un organisme censé favoriser la collaboration internationale dans ce domaine. Mais malgré ses obligations de coopération, la Chine continue de faire la sourde oreille, sur fond de tensions commerciales entre Pékin et Washington. La Chine refuserait également de délivrer des souches du virus aux autorités britanniques depuis 2017.

Des travaux toujours possibles

La France n’aurait pour l’instant fait aucune demande pour recevoir des échantillons du virus H7N9. Mais selon Jean-Claude Manuguerra, directeur de la cellule d’intervention biologique d’urgence à l’Institut Pasteur, il est possible d’élaborer un vaccin à partir de souches plus anciennes ou d’un virus proche, possédant les antigènes contre lesquels le vaccin doit être dirigé. Un vaccin qui serait tout de même moins efficace que celui qui pourrait être élaboré avec les souches les plus récentes. Mais pour un tel vaccin, il faudra donc s’en remettre aux Chinois.

Quentin Haroche

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