Au Nigéria, l’impuissance a la vie dure

Lagos, le samedi 29 mars 2014 - Alors que l’épidémie d’Ebola s’étend en Guinée jusqu'à atteindre peut-être sa capitale, Conakry, la presse africaine et l’AFP se sont également fait échos cette semaine de la recrudescence…des aphrodisiaques artisanaux.

Ainsi l’agence France presse relate le curieux manège que les automobilistes pris dans les embouteillages monstres de Lagos, ont pris l’habitude d’observer.

Des vendeurs à la sauvette zigzaguent entre les voitures, recherchant des clients pour des potions promettant, contre deux dollars pièce, des prouesses sexuelles.

Appelés "koboko" (coup de cravache), ou encre "kondo", (le bâton), ces produits seraient concoctés à base de boissons alcoolisées et de plantes médicinales.

Le phénomène s’étendrait désormais au Togo et au Bénin où des décoctions similaires rencontreraient un franc succès.

Interrogée par l’agence, Nike Ajibde est l’une des ces marchantes de plaisirs : « la plupart des mes clients font un travail manuel, ils ont besoin d'avoir un regain d'énergie au lit, après une dure journée de travail », explique-t-elle !

« J'ai une sensation d'euphorie chaque fois que j'ai des relations sexuelles après avoir consommé des boissons comme le « koboko » ou le « kondo » et ma partenaire me donne l'impression d'être satisfaite » raconte quand à lui un fervent adepte de ses produits.

Une dysfonction des autorités

Loin de ces satisfécits, Olukemi Odukoya, doyen de la faculté de pharmacie de l'Université de Lagos, s'inquiète des effets secondaires : « Certains de ces produits contiennent des substances chimiques qui peuvent causer des problèmes au foie et aux reins très compliqués et onéreux à soigner », estime t-il, concluant « ils créent de l'emploi pour les fossoyeurs ».

D’autres avancent que ces boissons, consommées régulièrement, pourraient entraîner une baisse de la fertilité...

« Si (ces boissons) étaient bonnes, nous les aurions sur les étagères de nos hôpitaux, de nos dispensaires et de nos pharmacies », souligne pragmatique Kunle Abifarin, un pharmacien hospitalier.

On s’interroge surtout : la police est-elle impuissante ?

FH

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