Big Brother is saving you !

Vanderbilt, le samedi 17 juin 2017 – Se doter d’outils efficaces de détection du risque suicidaire serait d'un intérêt majeur en santé mentale. Certains estiment que les technologies modernes pourraient être des atouts importants, mais d’autres sont plus réservés. La démonstration de chercheurs des universités de Vanderbilt (Tennessee) et de Floride pourrait nourrir les réflexions en la matière.

Un taux de détection élevé

Colin G. Walsh et son équipe décrivent dans la revue Clinical Psychological Science la mise au point d’un algorithme destiné à repérer le risque suicidaire. L’intelligence artificielle utilisée a passé au crible les dossiers de 5 167 personnes suivies entre 1998 et 2015 dans différents services hospitaliers en raison d’auto-mutilations. Parmi ces sujets, 3 250 ont tenté de mettre fin à leur jour,  tandis que 1 917 n’ont pas été jusqu’à cette extrémité. L’analyse de ces dossiers a permis à l’algorithme de repérer les éléments paraissant les plus solidement associés à un passage à l’acte. Les chercheurs ne précisent pas l’ensemble des facteurs qui ont été ainsi repérés, mais les troubles du sommeil figurent en bonne place. Le dispositif de détection qui a pu être constitué a ensuite été testé sur les dossiers des mêmes patients. L’algorithme a été capable de signaler le risque de suicide dans la semaine à venir dans 84 % des cas, un taux qui descend à 80 % quand il s’agissait d’évaluer la probabilité à deux ans. Evalué ensuite sur une population générale de 13 000 patients le taux de détection a été plus élevé encore atteignant 84 % pour repérer un risque de suicide dans les deux ans et de 92 % au cours de la semaine à venir. La part de faux positif est par ailleurs très faible variant entre 1,2 à 3,5 %.

Veiller sur les réseaux sociaux

Encourageant, ces résultats laissent prudents les auteurs. Conscients des défauts possibles d’un tel système et du risque important de s’appuyer sur des modèles inefficaces, ils considèrent cependant que de tels dispositifs pourraient être des compléments utiles à la pratique clinique. Ils notent également qu’élargie à d’autres données que les dossiers médicaux (comme par exemple les réseaux sociaux), une telle intelligence artificielle pourrait remplir un rôle de vigie essentiel, quand on sait que 41 149 personnes se sont données la mort aux Etats-Unis en 2013. Les géants de l’internet réfléchissent d’ailleurs depuis plusieurs mois aux dispositifs d’alerte qui pourraient être mis en place sur la toile face à des contenus suggérant une détresse inhabituelle de la part d’un usager.

Big Brother is saving you !

Aurélie Haroche

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