Cyberattaque meurtrière

Düsseldorf, le samedi 26 septembre 2020 - Les hôpitaux sont de plus en plus fréquemment l’objet de cyberattaque. En juillet, l’Observatoire des signalements d’incidents de sécurité des systèmes d’information pour le secteur de la santé signalait par exemple que 300 établissements avaient déclaré 392 incidents en 2019, ce qui représente une augmentation de 20 % par rapport à l’année précédente. Si cette progression reflète probablement également une meilleure sensibilisation des établissements sanitaires, les chiffres témoignent néanmoins de la vulnérabilité de ces structures. De nombreux exemples ont de fait démontré les failles en termes de sécurité informatique des établissements. Si la prévention et la lutte contre les attaques informatiques pouvant toucher les structures de soins sont essentielles ce n’est pas seulement en raison des risques importants liés à la sensibilité des données qu’ils conservent et utilisent. C’est également aussi à cause de risques plus directs que vient d’illustrer un événement dramatique et heureusement isolé en Allemagne.

Paralysie du système

La semaine dernière, le ministère de la Justice du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a en effet indiqué que la mort d’une patiente pouvait être indirectement imputée à une attaque informatique perpétrée contre la clinique universitaire de Düsseldorf. C’est le premier cas de ce type officiellement recensé en Europe.

Les faits se sont déroulés le 12 septembre dernier. La veille, la clinique avait été l’objet d’une « erreur de frappe » : des pirates informatiques ont paralysé le système informatique de l’établissement et demandé une rançon, pensant viser l’université de la ville. Cependant, le mal était fait : le fonctionnement de l’établissement a été entravé pendant plus d’une journée, conduisant au transfert en urgence de différents patients. Pour une femme admise en urgence et qui nécessitait une intervention immédiate, le transfert rendu indispensable par l’impossibilité de lui prodiguer les soins nécessaires a entraîné un retard de prise en charge qui pourrait lui avoir été fatal. Aujourd’hui, toujours non identifiés par la police, les pirates sont poursuivis pour homicide involontaire.

L.C.

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