De tous temps

Paris, le vendredi 15 décembre 2017 – Faut-il être dans l’air du temps ou s’efforcer à rester intemporel pour traverser le temps ? Certains font résolument le premier choix et s’inscrivent dans la philosophie du moment. Wonder est ainsi ce que l’on nomme aujourd’hui un "feel good movie". Ce film du réalisateur américain Stephen Chbosky porté par les excellents et lumineux Julia Roberts et Owen Wilson (mais aussi le jeune Jacob Tremblay) raconte l’entrée à l’école d’August Pullman dont la scolarisation a été différée par des déformations cranio-faciales qui ont nécessité de multiples interventions et l’ont laissé durablement marqué. L’œuvre est sans surprise un éloge de la différence et une invitation à s’interroger sur ses propres limites et réticences face à l’autre. Si les bons sentiments, la bienveillance de la famille et les sourires pourront susciter la réticence de certains, les réflexions délicates et intelligentes sur le rapport à la maladie et le harcèlement scolaire permettent d’espérer que le film ne sera pas qu’un objet du temps, tant il s’intéresse à des questions  centrales qui fondent notre humanité.

L’idole des jeunes

Incontournable également sur les questions centrales pour notre humanité, Louis Pasteur était résolument en avance sur son temps. Non content d’être à l’origine (avec son équipe) de découvertes biologiques fondamentales, il fut le promoteur d’opérations de communication auprès du grand public que beaucoup de chercheurs d’aujourd’hui pourraient lui envier. C’est ce que révèle la mise en scène de l’exposition qui lui est consacrée actuellement à la Cité des Sciences à Paris, baptisée Pasteur, l’Expérimentateur. Sur l’affiche, on peut y voir la silhouette du biologiste qui figure celle d’un prestidigitateur boxeur ce qui permet de donner le ton du programme. Ici aussi, on a fait le pari de la bonne humeur et du décalage pour intéresser le public à des sujets centraux. Ainsi se convainc-t-on facilement que les travaux de Pasteur peuvent « permettre aux enfants de comprendre et aimer la science » se félicite Maxime Schwartz, ancien directeur général de l’Institut Pasteur et commissaire de l’exposition, cité par Sciences et Avenir.

Enchaîné à la religion

A l’instar des interrogations de Pasteur, certaines réflexions traversent les âges et demeurent intemporelles. Les questionnements autour de la religion en sont des exemples par excellence. Le docteur Gilles Uzzan, psychiatre addictologue, expert près de la cour d’Amiens (Picardie), a ainsi sacrifié à cette longue chaîne de pensées. Son roman Isaac et Lola, qui vient d’être récompensé par le deuxième prix (Prix Fleury) du concours Littré, organisé par le Groupement des écrivains médecins, cherche à explorer le paradoxe qui fait que certains rites religieux asservissants peuvent nous éloigner de l’humanité. Ainsi, Isaac, bien que passionné par la médecine n’a jamais pu entreprendre des études médicales, contraint d’abandonner sa scolarité pour répondre à la tradition hassidique et orthodoxe juive et rejoindre une Yéshiva. Cependant, si les diktats religieux auront eu raison de son intérêt pour les soins, ils n’auront aucun pouvoir face à son amour dévorant pour Lola, jeune médecin. Ainsi, le roman est une façon lumineuse de montrer comment les sentiments permettent de triompher des différences et des obstacles les plus archaïques. Un vrai feel good roman !

Cinéma : Wonder, de Stephen Chbosky, 20 décembre, 1h51

Exposition : Pasteur, l’Expérimentateur, Cité des sciences, jusqu’au 19 août 2018, 30 Avenue Corentin Cariou, 75019 Paris

Roman : Isaac et Lola, de Gilles Uzan, Editions Deglay, 15 euros, 153 pages

Aurélie Haroche

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