Exclusif : le prix de la consultation sera fixé à 10 euros !

Paris, le samedi 1er avril 2023 – D’après nos informations exclusives, Annick Morel pourrait proposer de fixer le prix de la consultation à seulement 10 euros dans le cadre de son règlement arbitral.

La question du prix de la consultation, actuellement fixé à 25 euros, aura été une des principales pommes de discorde entre les syndicats de médecins libéraux et la CNAM lors des négociations conventionnelles. Alors que les premiers demandaient que ce prix soit fixé à 30 euros (MG France, CSMF) voire 50 euros (SML, UFML, FMF) sans conditions, le directeur général de la CNAM Thomas Fatôme ne proposait lui qu’une timide hausse à 26,50 euros, l’accès à une grille tarifaire plus avantageuse étant réservé aux médecins acceptant de s’engager pour augmenter l’offre de soins (via le fameux contrat d’engagement territorial). Depuis, les négociations conventionnelles ont échoué et c’est donc Annick Morel, ancienne inspectrice générale des affaires sociales, qui est désormais chargé d’élaborer un règlement arbitral.

En principe, la haute fonctionnaire de 72 ans a jusqu’au 28 mai pour achever ses travaux et les soumettre à l’approbation du ministre de la Santé. Mais selon des informations que nous avons obtenus grâce à des méthodes journalistiques de pointe (que nous ne révèlerons pas par crainte d’un procès), Annick Morel aurait en réalité déjà bouclé son règlement arbitral et l’aurait présenté au ministre. Et ses conclusions risquent de déplaire fortement aux médecins, puisqu’elle préconise de fixer le tarif de la consultation…à 10 euros !

Un tarif différencié dans certains déserts médicaux

Thomas Fatôme avait pourtant proposé une hausse de 1,50 euros du tarif de base, afin de compenser les 6 % d’inflation que connait actuellement notre pays. Comment alors expliquer cette baisse de 60 % proposé par Annick Morel ? Etonnamment, la haute fonctionnaire se justifie également par l’inflation. « En un an, le prix de la viande, des volailles et des charcuteries surgelés a augmenté de 30 %, il faut donc baisser le prix de la consultation pour que les plus précaires d’entre nous n’ait plus à choisir entre consulter son médecin et manger un bon gros steak » écrit Annick Morel dans un style étonnant.

Pour justifier cette baisse, l’arbitre désigné par la CNAM et les syndicats avance un autre argument qui risque d’hérisser le poil des praticiens, celui selon lequel le métier de médecin aurait été grandement facilité par les nouvelles technologies. « 95 % du travail d’un médecin généraliste peut être fait par Chat GPT » écrit la fonctionnaire, qui estime que « médecin, c’est tout de même plus facile qu’éboueur ou journaliste dans la presse médicale ».

Dans son projet de convention, Annick Morel n’oublie pas le projet phare de Thomas Fatôme, celui du contrat d’engagement territorial, renommé « pacte opérationnel incitatif sanitaire et social national » (POISSON). Les médecins pourront donc bien accéder à des tarifs plus avantageux s’ils acceptent d’adopter certains comportements. S’engager à ne jamais prendre sa retraite permettra ainsi de fixer le tarif de sa consultation à 15 euros et même à 20 euros si le médecin accepte de recevoir des patients sans rendez-vous entre 2h et 4h du matin. Annick Morel n’oublie pas les déserts médicaux : exceptionnellement, le prix de la consultation restera à 25 euros dans les iles Kerguelen et dans les terres antarctiques.

Double ration de poisson

Pour le moment, ce règlement arbitral n’est qu’à l’état de projet, mais selon nos informations, il aurait déjà reçu l’approbation du ministre de la Santé François Braun. L’ancien urgentiste estime qu’une telle mesure est nécessaire pour faire des économies. « N’oublions pas que c’est l’argent des Français » a commenté l’ancien urgentiste, qui souhaite également responsabiliser les patients, en punissant de dix années de prison le fait de ne pas honorer un rendez-vous médical sans prévenir à l’avance, les fameux lapins. « Sauf s’il a une bonne excuse » a précisé le ministre.

Tous les responsables syndicats que nous avons contacté ont exprimé leur consternation face au projet d’Annick Morel. Le Dr Agnès Giannotti, présidente de MG France, a dit regretter une « remise en cause du rôle du médecin traitant » tandis que le Dr Jérôme Marty, président de l’UFML, dénonce les « carabistouilles à la noix du gouvernement ». Les syndicats s’apprêteraient à lancer un appel commun à une grève illimitée des cabinets, mais uniquement les week-end, les jours fériés et les vacances.

Annick Morel a bien conscience que son projet risque d’être très mal accepté par les médecins. En contrepartie, elle préconise donc d’augmenter et de diversifier la rémunération sur objectif de santé publique (ROSP). Par exemple, tout médecin qui doublera l’espérance de vie de sa patientèle bénéficiera d’une prime de 49,3 euros brut. Mais les primes les plus généreuses concernent le domaine de la nutrition. Un médecin recevra ainsi une juteuse prime de 10 000 euros s’il parvient à convaincre un patient de tripler sa consommation de…poisson.

Nicolas Barbet

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (4)

  • Poisson

    Le 01 avril 2023

    Très fort… poisson d’avril !

    Dr P Bargain

  • Poisson ?

    Le 01 avril 2023

    Poisson d'avril ?

    Dr A Mondjo

  • Poisson d'avril

    Le 01 avril 2023

    Une peu gros mais drôle ;)

    Dr I Dupre

Voir toutes les réactions (4)

Réagir à cet article