Extension du domaine du masque

Paris, le samedi 6 mars 2021 - Leur utilité sera peut-être bientôt quelque peu reléguée grâce à la vaccination. Il n’empêche que les mois qui se sont écoulés ont entrainé un boom sans précédent pour la mise au point de nouveaux types de masques.

La course a notamment concerné les matières utilisées avec notamment l’objectif d’en améliorer tant les capacités de filtration que la respirabilité (afin par exemple de permettre la pratique d’activités physiques sportives). Mais les recherches ont également concerné la possibilité de faire de ses masques des virucides.

La petite firme israélienne qui fait du bruit

Plusieurs firmes se sont engagées dans ces développements technologiques. L’entreprise israélienne Sonovia a ainsi connu un essor prodigieux grâce à son masque biocide, dont le principe repose sur l’utilisation de nanoparticules d’oxyde de zinc (intégrées dans le tissu grâce à des ondes sonores) qui permettraient la destruction de 99 % des virus et des bactéries. A l’origine, la petite sart-up avait développé cette technologie pour la désinfection des draps ou blouses d’hôpitaux avant d’avoir au début de la pandémie l’idée de concevoir des masques l’intégrant. Le succès a été au rendez-vous avec une production pour le monde entier.

Une nouvelle citadelle

Mais la concurrence est forte. En France, des chercheurs de l’université de Lille ont mis au point un procédé, baptisé Cidaltex, qui « permet de rendre virucide la couche filtrante des masques, constituée de fibres très fines (« non tissé en polypropylène ») sans détériorer ses propriétés filtrantes et de manière industrialisable. Il consiste à fixer sur les fibres des molécules en forme d’anneau, constituées de sucres et appelées cyclodextrines. C’est dans ces « cages » que viennent se piéger les molécules virucides, qui restent donc dans la couche filtrante. Cet agent antiviral est une molécule de type ammonium quaternaire (…) déjà utilisée pour ses propriétés antimicrobiennes dans des formulations pharmaceutiques telles que les solutions cutanées antiseptiques, dans des gouttes pour les yeux ou pour le nez, ou en tant que conservateur dans les cosmétiques » expliquait il y a quelque semaine le professeur Bernard Martel. Grâce à l’association avec la société française Bioserenity, le dispositif a commencé à être commercialisé. Son coût plus élevé que celui des masques chirurgicaux classiques (0,98 euros l’unité) rend difficile une commercialisation de masse, mais le système intéresse les équipes médicales.

Une arme utile

Toujours en France, Paul Boyé Technologies, spécialiste de la fabrication de tenues de protection pour l’armée a également mis au point son propre masque biocide, fort de son expérience dans ce domaine (avec la mise au point de tissus permettant d’éviter la contamination par l’anthrax par exemple). Les tests du masque Biox sont encore en cours mais sont prometteurs. 

« Après des essais à l'université de Toulouse, notre masque Biox a été testé contre une souche du Covid-19 par la Direction générale de l'armement (DGA), dans un essai portant sur 1 million de masques pour vérifier le traitement pharmaceutique à grande échelle », a indiqué le président de la Société Jacques Boyé, cité par Les Echos. Efficace, le dispositif doit encore être testé pour évaluer ses effets allergéniques. Si cette évaluation ne mettait pas en évidence de risque majeur, une commercialisation pourrait intervenir dans les prochains mois. Là encore, s’il sera peut-être trop tard (et trop ambitieux) pour envisager un équipement des Français dans leur vie courante, ce type d’outils pourrait être précieux dans les établissements de santé où aujourd’hui la Covid est la première maladie nosocomiale, avec des transmissions des soignants vers les patients et inversement.

Aurélie Haroche

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