La NASA au temps du cholera

Washington, le samedi 8 septembre 2018 – Dans de nombreux pays du monde, comme actuellement entre autres en Algérie, le choléra continue à faire des ravages. Si les mesures pour éviter ces épidémies parfois meurtrières sont parfaitement identifiées, leur mise en œuvre est parfois rendue impossible par la guerre et la pauvreté. Aussi, peut-on tout au plus espérer mieux prédire la survenue des flambées, afin d’accroitre l’efficacité de la préparation des gouvernements et des associations humanitaires.

De multiples données essentielles

Parmi les états qui ont récemment payé le plus lourd tribut au choléra, figure en premier lieu le Yémen. Plus de 2 200 personnes y ont succombé de la maladie en 2017, tandis que le pays est dévasté par des conflits armés.

Alors que beaucoup redoutent de nouvelles épidémies, la Nasa vient d’annoncer avoir mis au point un programme dont l’objectif est la prédiction des épidémies de choléra au Yémen (avant son extension à d’autres contrées). Un logiciel recensant et analysant les données météorologiques fournies par les satellites de la NASA, les informations concernant les précipitations, la densité de population, la concentration en phytoplancton près des côtes et encore le réseau d’eau et les structures sanitaires permet de mieux déterminer le risque de survenue du choléra.

L’assistance humanitaire high tech

Grâce aux résultats de cet algorithme, dont la précision évaluée à partir de cas anciens atteindrait 92 %, il serait possible de cibler les actions de prévention telle que la distribution de pastilles de désinfection et d’eau propre. Pour la première fois cet été au Yémen, les données du logiciel ont contribué à guider des actions sur le terrain. « Nous avons utilisé pour la toute première fois ces prévisions sophistiquées afin de sauver des vies et d’éviter des souffrances inutiles pour des milliers de Yéménites » explique Charlotte Watts directrice scientifique du Département britannique en charge du développement international. « A ce jour, les résultats suggèrent que le modèle de prévision a le potentiel pour changer fondamentalement la façon dont la communauté internationale traite le choléra » affirme pour sa part la NASA.

Aurélie Haroche

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