Les cadrans de la discorde

Le Mans, le samedi 24 septembre 2022 - Dans le cadre de la labellisation « Terre de Jeux 2024 » et de la perspective des jeux olympiques, le département de la Sarthe est le premier territoire à mettre en place une expérimentation contre la sédentarité des jeunes, dont l’un des points phares est la distribution de montres connectées aux 8 000 collégiens scolarisés chaque année en sixième.

Le principe est d’équiper les élèves de montres connectées qui leur présentent des données sur leurs performances physiques. Cela aurait pour objectif final d’inciter les collégiens à bouger davantage et « à se prendre en main ».

La phase expérimentale, débutée en juin dernier, concerne pour l’heure sept des 75 collèges du département. Elle devrait prendre fin « courant novembre » puis s’étendre à l’ensemble des établissements du département avant la fin de l’année.

Mais ce programme qui vise à « lutter contre la sédentarité » et « favoriser l’exercice physique » ne fait pas l’unanimité. Selon François Perrignon de Troyes, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de la Sarthe, l’accueil est mitigé au sein des familles. C’est l’appareil qui interroge et son aspect « ultra connecté »

« Quel est l’apport de cet objet ? C’est un gadget », a-t-il estimé auprès de l’AFP. « D’accord, l’objectif est de donner du plaisir aux enfants mais on n’a jamais remplacé des professeurs par des logiciels ».

« Du lien pas des bracelets »


La question de l’utilisation des données est également au centre des débats.

La députée LFI-Nupes, Elise Leboucher affirme ainsi sa « vigilance vis-à-vis de la protection et de l’usage des données collectées par [ces] bracelets. J’attends, à ce sujet, le retour de la Commission Nationale Information et Libertés (CNIL) », indique l’élue dans un communiqué qui préféré défendre « une pratique sportive populaire et émancipatrice ».

La députée dit aussi privilégier l’accès au sport pour tous plutôt qu’une « solution individuelle, technologique et invasive ». L’opposition prend désormais la forme d’un collectif, dénommé « Du lien, pas des bracelets ».Selon ce collectif, « dans son projet d’équiper chaque adolescent d’un bracelet électronique à l’entrée au collège afin de mesurer, sous couvert de suivi médical, quelques paramètres biologiques (température, durée de sommeil, rythme cardiaque, nombre de pas), le département n’a considéré, ni la portée écologique, ni la portée éducative de son initiative. »

Le conseil départemental, de son côté, tempère : « c’est un outil qui permet aux élèves de se prendre en main. Lui seul aura accès à ses données et les interprètera », rassure Anthony Trifaut, vice-président du Conseil départemental auprès de l’AFP, ajoutant que seules les données recueillies lors de cours collectifs pourraient faire l’objet d’analyses.

« L’Éducation nationale a une application qui s’appelle « Tous en forme ». C’est au travers cette application-là, lorsque les cours d’EPS seront dispensés aux élèves du programme, que des données seront retransmises à l’application, de manière anonyme et collective » explique-t-il. « L’élève peut la connecter s’il possède son propre smartphone et souhaite le faire. Il peut la porter quand il le souhaite : le jour, la nuit ou l’enlever pendant une semaine s’il le veut ».

La commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a été saisie pour vérifier la conformité du projet aux règles qui s’appliquent à ce type de dispositif…

X.B.

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