Pour avoir foie dans la greffe !

Paris, le samedi 7 décembre 2019 - Après avoir connu une légère diminution, grâce à la baisse des indications de greffe pour les patients infectés par le virus de l’hépatite C (VHC), le nombre de patients inscrits sur la liste d’attente d’une greffe hépatique a connu une nouvelle progression en 2016 et 2017, de 4 % en un an et de 8 % en deux ans. Cette évolution est notamment liée à l'inscription de patients plus âgés : ainsi le nombre de nouveaux inscrits âgés de 56 à 65 ans a augmenté de 16 % et ceux de plus de 66 ans de 108 % en quatre ans, tandis que ceux âgés de 18 à 55 ans diminuaient de 30 %. Aujourd’hui, le carcinome hépatocellulaire est la première indication de greffe (32 % des nouveaux inscrits), suivie de la cirrhose alcoolique.

Réhabilitation

Parallèlement à cette progression des besoins, le nombre de greffons stagne, voire régresse. Un nombre croissant d’organes est en effet refusé, en raison de stéatose hépatique.
Depuis plusieurs années, des solutions ont été développées pour faire face à la pénurie de greffons. Certains plaident notamment pour une réhabilitation des organes qui ne répondent pas aux critères internationaux. Des programmes concluants existent déjà en ce qui concerne le rein, tandis que des expériences encourageantes ont été lancées pour le poumon. Aujourd’hui, la "réhabilitation" du foie est également à l'étude.

Evaluation sur trois ans

Ainsi, le Centre Hépato-Biliaire de l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP) accueille depuis quelques semaines la première plateforme de perfusion normothermique du foie en France. Ce dispositif est le fruit d’une collaboration entre les équipes des hôpitaux de l’AP-HP Paul Brousse, la Pitié-Salpêtrière et Beaujon, les groupes de recherche du laboratoire Modèles de cellules souches malignes et thérapeutiques (INSERM/ Université Paris Sud Paris Saclay) et l’entreprise de biotechnologie Organox. La perfusion normothermique oxygénée consiste « à perfuser l’organe avec du sang oxygénée » pendant 12 heures à une température de 37°C dans le but d’obtenir un organe aux conditions physiologiques propices à la greffe. Alors que les premières transplantations ayant recours à des organes ainsi traités devraient avoir lieu dans les jours qui viennent, une évaluation de trois ans est lancée, qui doit notamment permettre de préciser combien d’interventions supplémentaires peuvent être réalisées grâce à ce dispositif et si le suivi des patients ainsi greffés est satisfaisant. 


Léa Crébat

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