Pourquoi un squelette d’un cimetière du Loiret était-il "banni" ?

Orléans, le samedi 9 avril 2016 – Des archéologues de l’Institut de recherches archéologiques préventives (INRAP) ont mis à jour dans le Loiret un cimetière datant du haut Moyen Age, vieux d’environ 900 ans, comptant 70 squelettes. Les morts ont été enterrés selon les rites catholiques, qui commençaient alors à s’imposer de façon systématique, sans aucun objet et la tête orientée vers l’Ouest. Ils sont tous disposés les uns près des autres. Sauf un. Pourquoi ce squelette a-t-il été tenu à l’écart ? Cette interrogation a fait l’objet d’une enquête minutieuse, racontée dans un numéro des Experts du passé, programme diffusé sur internet par l’INRAP, Gedeon Programmes, Universciences avec la participation de TV5 et que l’on a pu voir cette semaine sur le site Futura Sciences.

Histoire des maladies

L’équipe d’Isabelle Cattedu et de Laure Pecqueur a procédé à une analyse minutieuse de ce squelette, dont le caractère différent des ossements a immédiatement interpellé les enquêteurs. Les tibias notamment connaissaient un volume très augmenté par rapport aux ossements des autres individus. Or, quelle maladie provoque un tel symptôme ? La syphilis osseuse, répondent les experts ! Cette découverte permettrait tout d’abord de comprendre pour quelle raison le squelette a été banni et pourquoi il porte les traces probables d’agrafes ayant dû servir à fermer son linceul. Redoutant la contagion, ses fossoyeurs auraient adopté d’importantes précautions, tandis que son éloignement des autres morts signait la présence d’une maladie, considérée comme un "châtiment divin". Par ailleurs, cette découverte permettrait de confirmer la thèse selon laquelle, contrairement à ce qui a été longtemps cru, la syphilis n’aurait pas été importée en Europe par des navigateurs à la fin du XVème siècle, mais était présente dès le début du second millénaire.

Et faisait déjà des ravages, jusqu’après la mort.

 

Léa Crébat

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