Quand votre cerveau fait corps avec votre voiture

Lausanne, le samedi 14 avril 2018 – Le déploiement d’interfaces cerveau-machine, qui permettent la transcription des signaux cérébraux en action "intelligible" par des ordinateurs et autres objets connectés, constitue une des grandes avancées scientifiques de ces quinze dernières années. Ces dispositifs sont notamment une promesse d’une plus grande indépendance pour des milliers de personnes handicapées à travers le monde. Mais d’autres secteurs, loin de la médecine, s’intéressent également à ces innovations. Parmi eux, l’industrie automobile. 

Prendre de l’avance sur soi-même

La mise au point de voitures intelligentes autonomes suscite un intérêt croissant de la part de l’ensemble des constructeurs, mais également une certaine inquiétude, concernant notamment les risques d’accident et les questions de responsabilité. Dans ce cadre, le projet développé en collaboration par Nissan et des chercheurs de l’Ecole polytechnique francophone de Lausanne (EPFL) retiendra l’attention. Après quatre années de recherche, les scientifiques de la Chaire Fondation Defitech en interface de cerveau machine CNBI de l’EPFL ont transféré en 2014 le système qu’ils avaient conçu à leur partenaire industriel Nisan. Ce dernier a alors élaboré un programme destiné à intégrer le dispositif à un prototype automobile. Le résultat, présenté depuis quelques mois, est une voiture capable de détecter les signaux cérébraux du conducteur (équipé d’un casque EEG) et donc d’anticiper certaines de ses actions. Par exemple « Si vous arrivez à un feu rouge et que vous vous apprêtez à freiner, le véhicule va simplement profiter des 200-500 millisecondes d’avance pour commencer le freinage et vous faciliter la conduite »  explique le titulaire de la Chaire CNBI, José de R. Millàn. Par ailleurs, équipées de nombreux capteurs, le "cerveau" de la voiture sera lui aussi capable de transmettre des informations au chauffeur. « Si vous arrivez à un feu rouge et qu’aucune intention de ralentissement n’a été détectée dans votre cerveau, le véhicule va vous avertir que le feu est rouge, afin d’être sûr que vous l’avez vu »,  poursuit José de R. Millàn.

Sans doute pas une voie de garage

Reposant sur un système de "machine learning", le dispositif pourra s’adapter à chaque conducteur. D’autres améliorations sont aujourd’hui l’objet de nouvelles recherches, qui se concentrent notamment sur le suivi du regard. Compromis entre la conduite manuelle et la voiture totalement autonome, ce "véhicule interface cerveau-machine" pourrait se révéler la voie à privilégier pour répondre aux interrogations soulevées par les automobiles autonomes. « Nous voulions laisser le plaisir de la conduite au chauffeur, tout en augmentant ses compétences grâce à la technologie », résume dans le communiqué de Nissan José del R. Millàn.

A suivre. En voiture.

Aurélie Haroche

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