Quel geste a fait le tour du monde ?

Houston, le samedi 5 décembre 2020 - Les yeux sont à peine visibles. Il y a le masque, la visière, les lunettes de protection. Mais dans cette façon de demeurer légèrement dans le vide, de rester en suspens au-dessus de la détresse, ils laissent deviner une extrême lassitude et une profonde compassion. Des patients qui pleurent, il y en a des dizaines dans les hôpitaux : l’épuisement, l’inquiétude, la solitude. Et tous les jours des soignants posent une main sur une épaule, pressent amicalement un bras, témoignent leur empathie. La photo qui a fait le tour du monde, la photo du docteur Joseph Varon enlaçant le vieil homme aux cheveux blancs est à la fois l’écho de ces milliers de médecins et d’infirmiers qui à travers le monde, dans l’ombre et anonymement, soutiennent et consolent. Mais au-delà, dans ce contraste entre la froideur de la blouse bleue et la franchise de l’accolade, entre le rempart de la tenue et la souffrance partagée, elle est devenue le symbole d’une humanité en souffrance, privée de ses repères. L’homme pleurait parce qu’atteint de Covid-19 et admis en soins intensifs il ne pouvait être auprès de sa femme pour Thanksgiving. « Je vois ce patient âgé hors de son lit, il essaye de partir, il pleurait » a ainsi raconté sur CNN, le docteur Joseph Varon, chef du service de soins intensifs de l’United Memorial de Houston, pour commenter le cliché qui a connu le succès cette semaine. Quand il lui demande la raison de ces pleurs, l’homme répond : « Je veux être avec ma femme ». « Alors je l’ai enlacé » conclut le médecin. L’histoire de ce vieil homme qui a pu ensuite sortir de l’hôpital et retrouver les siens rappelle comment les soignants savent parfaitement lutter et dépasser le sentiment de dépersonnalisation qui peut planer au-dessus des unités de soins intensifs.

M.P.

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