Quel sujet a été le plus censuré sur les réseaux sociaux chinois en 2018 ?

Paris, le samedi 16 mars 2019 – Ceux qui se sont intéressés à l’ensemble de l’affaire des enfants nés après modification embryonnaire par nucléases de type CRISPR-Cas9 en Chine ont pu constater la réaction ambiguë des autorités chinoises. Bien qu’elles aient affiché la plus grande sévérité à l’égard du chercheur à l’origine de cette première, He Jiankui, dont les annonces ont largement stupéfié une grande partie de la communauté scientifique internationale, certains indices ont en effet pu suggérer que les autorités n’étaient peut-être pas si étrangères à ce projet et en tout cas probablement pas totalement ignorantes de sa réalisation.

Censure automatique

Signe de l’existence d’un probable décalage, les conversations ayant concerné les hardiesses scientifiques de He Jiankui ont été celles qui ont été les plus systématiquement censurées sur le célèbre réseau social chinois WeChat.  Des chercheurs de l’Université de Hong Kong Marcus Wang et Stella Fan, en recourant à un logiciel spécialement conçu pour repérer les articles supprimés sur WeChat, établissent dans la revue Global Voices un palmarès des sujets les plus censurés par les autorités. Les bébés génétiquement modifiés arrivent largement en tête en 2018, bien que l’information n’ait été diffusée qu’à la fin de l’année. Dès le lendemain de l’annonce faite par He Jiankui, la censure commençait à sévir, trahissant la volonté de Pékin de ne voir circuler que des données parfaitement verrouillées et maîtrisées en la matière. Les articles supprimés sont systématiquement remplacés par une notification précisant que le retrait est intervenu en raison d’une « violation des lois et réglementations correspondantes ».

Médecine chinoise

Au-delà des informations sur les modifications génétiques, on retiendra parmi les sujets les plus largement censurés en 2018, outre les articles concernant la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, l’emprisonnement d’un médecin mettant en cause l’inefficacité de la médecine chinoise et l’évocation d’un large scandale de vaccins frelatés. Signe que dans les dictatures, la transmission de la vérité scientifique fait également partie des combats à mener.

Aurélie Haroche

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