Qu’est-ce qui ne concerne pas que les Algériennes ?

Paris, le samedi 6 janvier 2018 - En début de semaine, l’AFP proposait un reportage auprès de femmes Algériennes souffrant d’un cancer du sein. L’Agence évoquait le drame de « centaines » de femmes qui au moment de l’annonce du diagnostic ou après avoir subi une mastectomie sont rejetées par leur époux ou leur fiancé. « Le cancer ? C’est rien comparé au fait d’être quittée après 18 ans de mariage » témoignait par exemple Linda. Ce récit et d’autres ne pouvaient que susciter la compassion, face à des destins aussi malmenés. Néanmoins, il contraignait aussi à une nécessaire introspection. Avons-nous tous la force d’âme indispensable pour faire face à la maladie grave de l’autre ? Et surtout, au-delà de ces sphères intimes, faut-il croire que la situation des Algériennes soit exceptionnelle ? Faut-il penser qu’il existe dans le système Algérien et dans la façon dont les femmes sont considérées dans ce pays des spécificités qui favorisent la "répudiation" en cas de maladie ?

La lâcheté est universelle… et masculine

Même si bien sûr, en Algérie, comme dans tous les autres et nombreux pays où la femme ne dispose pas des mêmes droits que les hommes, un déséquilibre certain existe en raison des difficultés rencontrées par les femmes de se conduire de la même manière en cas de maladie de l’époux, il ne faut pas croire que l’abandon en cas de pathologie ne soit que l’apanage de ces contrées. Par contre, il semble que partout, même dans les états où l’égalité entre les sexes s’impose, les femmes en sont toujours majoritairement victimes. C’est ce que montre une étude qui vient d’être publiée dans la revue Cancer ayant suivi des couples frappés par la maladie pendant deux ans.

Il apparaît qu’une femme connaît six fois plus de risque d'être quittée après la découverte d'un cancer ou d'une sclérose en plaques, qu'un homme dans la même situation. Le taux de séparation ou de divorce, est ainsi de 20,8 % pour les femmes malades, contre 2,9 % pour les hommes malades. Cet écart pourrait, pour les chercheurs, être notamment lié à des répercussions différentes sur la sexualité et peut-être à des attentes moins fortement exprimées en la matière par les femmes. Les auteurs estiment nécessaires de poursuivre les travaux sur ce sujet et de renforcer les soutiens aux couples confrontés à une grave maladie, en abordant notamment la question de la sexualité.

Un sujet plus facile probablement à évoquer dans certains pays qu’ailleurs.

A.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article