Qu’est-ce qui ne fait pas le moine mais qui peut aider les personnels de santé ?

Nantes, le samedi 28 mars 2020 – « C’est des tâches propres ». Cette petite réplique de la responsable de la distribution des blouses aux nouveaux arrivants, glissée dans le film Hippocrate (de Thomas Lilti, sorti en 2014), a sans doute fait écho aux souvenirs de nombreux médecins et professionnels de santé. A l’hôpital, la blouse est incontournable, mais celles fournies par les établissements sont loin d’être toujours immaculées ou parfaitement ajustées. Aussi, se souvenant que l’habit ne fait pas le moine, nombre de praticiens lorsqu’ils choisissent d’exercer en ville, n’hésitent pas à se débarrasser de leur blouse.

Un rempart contre les risques infectieux

Face au risque infectieux, la blouse et la surblouse sont pourtant loin d’être des remparts inutiles. Ces tenues revêtent une qualité allant bien au-delà de la symbolique de l’uniforme. Elles permettent notamment de limiter la circulation de virus en dehors des zones de soins. Aussi, beaucoup de professionnels ont récemment réhabilité leur blouse mais d’autres qui l’avaient délaissée il y a fort longtemps ont constaté qu’ils en étaient dépourvus. Or, à l’instar d’autres équipements de protection, elles ne sont aujourd’hui guère faciles à obtenir simplement.

Multicolore

Observant ce manque parmi ses confrères, le docteur Pauline Jeanmougin, généraliste à Nantes a mis en place avec ses proches un site internet simple (https://www.faisuneblouse.com/) appelant à la bonne volonté des couturiers et couturières amateurs que compte la France. Ils sont invités, grâce à un patron, à confectionner des blouses à manches longues, descendant en dessous du genou, pour toutes les tailles. Pas de limite concernant les coloris, mais le tissu doit pouvoir résister aux lavages intensifs et fréquents. Et pour ceux qui ne sont guère habiles avec les aiguilles, ils peuvent faire don de leurs anciennes blouses utilisées en travaux pratiques de chimie.

La solidarité et l’infâme

« Personnellement j'ai déjà eu deux blouses ce matin, une patiente a déposé une autre blouse au cabinet, et j'ai encore trois blouses qui m'attendent donc c'est génial je vais pouvoir en distribuer à tous les collègues du cabinet, en tout cas ça marche bien au niveau local, ici » détaille le docteur Jeanmougin, interrogée par Ouest-France. Au-delà de ce soutien précieux, il s’agit également de permettre à la population d’apporter un soutien concret aux professionnels de santé.

De très nombreuses initiatives ont d’ailleurs fleuri : distribution de viennoiseries dans les centres de santé, repas livrés gratuitement… Ces témoignages de gratitude permettent aux soignants d’éviter de s’appesantir sur des comportements a contrario révoltants, où l’on a vu certains colocataires d’infirmières hospitalières souhaiter leur déménagement durant l’épidémie et autres messages infâmes. 

Léa Crébat

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