Qui pourrait voir les patates prendre plus de place dans ses assiettes dans quelques semaines ?

Londres, le samedi 24 août 2019 – Adieu veaux, vaches, tomates ? Cette phrase, les Perrettes britanniques l’ont prononcée il y a plus de 150 ans. « Le renoncement à l’agriculture est une politique assumée depuis 1847 en Grande-Bretagne » parallèlement au choix de l’industrialisation. « Elle n’a jamais été remise en cause » indique cité dans l’Opinion, Thierry Pouch, responsable des questions économiques à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA).

Une période de transition probablement difficile

Se concentrant prioritairement sur d’autres secteurs, la Grande-Bretagne a donc laissé peu à peu décliner son agriculture : elle compte aujourd’hui 180 000 agriculteurs (contre 450 000 en France), tandis que le nombre de vaches atteint à peine les 10 millions (contre 15,2 millions en 1974). Ainsi, à l’exception des céréales, des pommes de terre et des moutons, la Grande-Bretagne a fait le choix de la dépendance alimentaire. La moitié de ses denrées alimentaires est importée et l’Europe participe largement à son approvisionnement. Si des accords seront nécessairement passés entre la Grande-Bretagne et l’Europe, une période de transition difficile s’annonce probablement, tant le système repose sur les exportations. La fragilité de ce dernier avait d’ailleurs pu être mise en évidence en 2000 quand une grève des dockers avait entraîné, en moins de quarante-huit heures, quelques pénuries ponctuelles dans les étals des supermarchés. Un groupe d’universitaires réunis au sein du Center for Food Policy de l’Université de Londres a d’ailleurs prévenu il y a quelques mois qu’un « Brexit dur » conduirait à la « plus grande réorganisation du système alimentaire britannique depuis la fin des années 1960 ».

Malbouffe ?

Cette réorganisation n’exclura sans doute pas des hausses de prix, nécessitera peut-être quelques changements d’habitude en ce qui concerne la consommation de certains légumes et pourrait en théorie appauvrir la qualité d’une partie de l’alimentation. En effet, si les britanniques devaient plus largement s’approvisionner auprès des Américains qu’ils ne le font aujourd’hui, ils seront exposés à des aliments dont les modes de production diffèrent de ceux de l’Europe et dont certains jugent qu’ils sont potentiellement à risque pour la santé ; un élément qui pourrait préoccuper quelques responsables sanitaires britanniques qui observent déjà que les Anglais sont les champions européens de la malbouffe.

Aurélie Haroche

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