Qui, quarante ans après son éradication n’a toujours pas livré tous ses secrets ?

Paris, le samedi 26 septembre 2020 - Nous le constatons quotidiennement : les épidémies échappent aux certitudes scientifiques. Si certains ont voulu se féliciter quelques semaines après l’identification de SARS-CoV-2 de la rapidité avec laquelle la science semblait aujourd’hui capable de décrypter et traquer un agent pathogène, nous constatons avec un peu de recul que notre course est empêchée par de nombreux obstacles. Ainsi, en dépit des observations de centaines d’épidémiologistes et du recours aux technologies les plus novatrices, de la scrutation intense d’un nombre inédit de signaux et d’indicateurs, les incertitudes demeurent encore aujourd’hui sur les modes de transmission du virus ou encore sur les mécanismes immunitaires en jeu.

La faute aux Vikings ?

Il faut dire que nous aurions pu être alertés par le fait que même les épidémies du passé n’ont pas livré tous leurs secrets. Ainsi, les recherches se poursuivent aujourd’hui concernant le virus de la variole et son origine.

Il y a quelques semaines, de nouvelles avancées ont été présentées dans la revue Science. Des chercheurs du monde entier, à partir du séquençage du matériel génétique de squelettes et de dents provenant d’humains ayant vécu en Europe, en Asie et en Amérique entre il y a 31 630 et 150 ans, ont repéré les plus anciennes traces du virus de la variole (ou plus exactement d’un virus proche mais pas exactement celui totalement éradiqué au siècle dernier) chez des individus morts entre les années 600 et 1 050 résidant dans le nord de l’Europe actuelle. Alors que les précédentes recherches n’étaient pas parvenues à identifier de cas de variole antérieurs au 17ème siècle, ces travaux conduisent à revoir l’histoire de cette maladie. Faut-il croire que les Vikings ont contribué à propager le virus le plus meurtrier du monde ? A moins que d’autres peuples avant eux aient également été touchés par le redoutable VARV. A suivre.

L.C.

Références
Diverse variola virus (smallpox) strains were widespread in northern Europe in the Viking Age, Science 24 Jul 2020: Vol. 369, Issue 6502, eaaw8977. DOI: 10.1126/science.aaw8977

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