Qui, solo conocido por Dios , a enfin retrouvé un nom ?

Darwin, le samedi 23 décembre 2017 – Pour les vivants, la guerre c’est une mémoire traumatisée, sans cesse à vif, en état d’alerte. Pour les morts, la guerre c’est l’oubli éternel, le désastre de l’absence, l’anonymat de glace. Chaque conflit compte son lot de soldats tombés sans laisser ne serait-ce que leur nom. Avant, on leur donnait l’Arc de Triomphe sans condition, faute de pouvoir grâce à des analyses génétiques retrouver une identité. Aujourd’hui, des programmes spécifiques sont mis en place pour que leur tombe ne soit plus des linceuls de solitude.

Un taux de réussite élevé

Après plusieurs années de discussions et de polémiques (le gouvernement argentin a notamment pu accuser les britanniques d’empêcher l’entrée de médecins légistes dans le cimetière militaire de Darwin), les gouvernements argentins et britanniques ont décidé en décembre 2016 de confier au Centre international de la Croix Rouge (CIRC) la conduite d’un programme destiné à identifier les dépouilles des soldats morts pendant la guerre des Malouines, aujourd’hui enterrés au cimetière de Darwin avec pour seule inscription « Soldado argentino solo conocido por Dios » (soldat argentin seulement connu de Dieu). Entre le 20 juin et le 7 juillet, quatorze spécialistes argentins, australiens, chiliens, espagnols, mexicains et britanniques se sont installés à Darwin et ont procédé à l’exhumation des 123 soldats inconnus. Les corps ont été placés dans une morgue provisoire et ont été l’objet d’analyses à l’aide de « technologies médicales de pointe » précise le communiqué du CIRC. 

Des prélèvements ont par ailleurs été réalisés pour procéder à des comparaisons génétiques avec des données recueillies auprès de familles concernées par la disparition d’un combattant. Les corps ont été de nouveau inhumés le jour même dans la tombe d’origine et les analyses conduites par le laboratoire d’analyses medico-légales de l’Equipe argentine d’anthropologie à Cordoba (Argentine). Quelques 88 cadavres ont pu être identifiées, ce qui constitue un « taux de réussite élevé » précise encore le CIRC qui vient de rendre publiques ses conclusions et qui transmettra de manière confidentielle les données aux familles.

Une triste consolation pour ces maisons pour toujours endeuillées.

Diane Caulet

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