Regardez-moi dans les yeux

Lausanne, le samedi 30 mai 2020 – Un diagnostic très précoce de la Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) avant même les premiers symptômes pourrait permettre d’en améliorer le pronostic, grâce à une mise en œuvre plus rapide de traitements. Cependant les méthodes actuelles ne permettent pas de visualiser en temps réel les couches de cellules de la macula et donc d’apprécier leur évolution. La donne pourrait changer grâce à la mise au point d’un nouvel appareil par le Laboratoire de dispositifs photoniques appliqués (LAPD) de l’Ecole polytechnique francophone de Lausanne (EPFL), baptisé EarlySight dont les principes et le fonctionnement ont été décrits il y a quelques semaines dans la revue Nature Photonics.

«A la différence des appareils traditionnels, qui envoient de la lumière au centre de la pupille, nous passons par la sclère, c’est-à-dire la partie blanche sur les côtés de l’œil, pour observer la rétine», détaille sur le site de l’EPFL Mathieu Kunzi, chercheur au LAPD, tandis qu’un autre auteur de l’étude, Timothé Laforest développe : « Cette méthode permet de voir le fond oculaire sous un autre angle, de biais. Nous évitons ainsi certains rayonnements et obtenons une vision plus détaillée des couches de cellules ».

Tests à confirmer

Une première évaluation réalisée auprès de onze volontaires sains a mis en évidence la « capacité de la méthode à produire des images in vivo de cellules rétiniennes, de l’épithélium pigmentaire rétinien à la couche de fibres nerveuses », indiquent les auteurs dans leur article. Des images ex vivo à haute résolution ont également pu être obtenues. Enfin, les données étaient disponibles en moins de dix secondes « ouvrant de nouvelles voies dans l’exploration de rétines saines et malades » indiquent encore Mathieu Kunzi et Timothé Laforest.

Ces résultats qui doivent encore être confirmés suscitent l’espoir important chez les. « Visualiser les cellules où débutent la plupart des maladies communes de la rétine va permettre de mieux comprendre leur évolution, et donc de les détecter plus tôt et les traiter avec davantage d’efficacité » remarque ainsi le docteur Francine Behar-Cohen, (hôpital Cochin).

Léa Crébat

Référence
"Transscleral optical phase imaging of the human retina", Timothé Laforest, Mathieu Künzi, Laura Kowalczuk, Dino Carpentras, Francine Behar-Cohen and Christophe Moser, publié le 23 mars 2020 dans Nature Photonics.

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