Sur quel front, y a-t-il aujourd’hui du nouveau ?

Paris, le samedi 24 septembre 2022 - Sa popularité est telle qu’elle a donné naissance à un verbe : « botoxer ». Le terme renvoie à l’utilisation à des fins esthétiques de la toxine botulique de type A, en vue d’estomper les rides du lion.  En quelques années, le botox, commercialisé en France sous le nom de Vistabel par AbbVie est devenue une star incontournable de la médecine esthétique. Le chiffre d’affaire du produit en ce qui concerne son indication esthétique s’est élevé à 2,23 milliards de dollars l’année dernière (ce qui ne comprend pas les ventes du traitement à des fins thérapeutiques).

L’efficacité et le caractère peu invasif de l’injection de toxine botulique ont contribué au succès du Botox, qui profitait par ailleurs jusqu’à aujourd’hui d’une concurrence limitée, notamment aux États-Unis. Le petit Jeuveau, un antiride commercialisé par les laboratoires Evolus, n'a en effet guère contrarié l’hégémonie du géant.

Une durée d’action prolongée


Mais les choses pourraient ne plus être aussi lisses prochainement. En effet, la Food and Drug Administration vient de donner son accord à la commercialisation de Daxxify, des laboratoires Revance. Daxxify, que les spécialistes ont déjà rebaptisé « Daxxi », est également une toxine botulique de type A, dont le mécanisme d’action est similaire au Vistabel.

Il se distingue cependant des autres toxines par l’absence d’albumine humaine dans sa composition. Mais son véritable atout tient dans sa durée d’action prolongée qui serait de six à neuf mois, contre en moyenne trois à quatre mois pour le Botox/Vistabel. Telle est la principale conclusion d’une étude menée sur 2 700 sujets sur laquelle repose l’approbation de la FDA. Un mois après l’injection 98 % avaient peu ou pas de rides apparente au niveau de la zone traitée injection et la moitié des sujets continuait à présenter le même bénéfice six mois après.

Par ailleurs, Daxxi se caractérise par sa facilité de stockage : contrairement aux autres toxines (et aux autres produits couramment utilisés en médecine esthétique), elle peut se conserver à température ambiante.

Formule prête à l’emploi pour une toxine française


Ces atouts conduiront-t-ils Daxxi à détrôner son rival ? Bien sûr, AbbVie a déjà contre-attaqué, via une politique commerciale très développée, ainsi qu’une plainte pour violation de brevet. Mais AbbVie n’ignore pas que ce marché très lucratif attire de nombreux appétits. L’Europe a ainsi vu arriver ces derniers mois un nouveau venu, Alluzience, des laboratoires Ibsen, qui se caractérise également par une durée d’action plus longue, mais surtout par une formule prête à l’emploi, ce qui évite des manipulations associées à un risque infectieux non négligeable.

Léa Crébat

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