Un logiciel de suivi des patients atteints de cancer du poumon remboursé en France !

Paris, le samedi 4 juillet 2020 - Si parallèlement aux applications qui bien qu’affichant des velléités sanitaires relèvent du gadget, certains logiciels présentent de réels atouts pour le suivi des traitements et l’amélioration du partage des informations entre les médecins et les patients, rares sont néanmoins ceux qui bénéficient pour l’heure d’une recommandation officielle. La tendance semble aujourd’hui évoluer comme le suggèrent plusieurs signaux.

La semaine dernière nous évoquions ainsi comment la Food and Drug Administration avait donné son accord pour la prescription sur ordonnance d’un jeu vidéo destiné aux enfants atteints de trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité. Aujourd’hui, c’est en France que nos regards se portent avec la signature d’un accord entre Sivan et le Comité économique des produits de santé en vue du remboursement du programme Moovcare, dédié aux patients atteints d’un cancer du poumon. Le dispositif va ainsi être inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables pour trois ans, avec un prix semestriel TTC de 1000 euros, indique un communiqué de Sivan, entreprise fondée en 2014 dont l’objet est le développement de « solutions de santé permettant de détecter précocement la maladie, de mieux suivre les patients et d’améliorer leur survie et leur qualité de vie » explique-t-elle.

Simplicité d’utilisation

Moovcare que nous avions déjà évoqué dans ces colonnes est un logiciel développé par l’équipe du docteur Fabrice Denis, spécialiste du cancer du poumon à l’Institut inter-régional de cancérologie. Ce dispositif très facile d’utilisation s’adresse aux patients atteints d’un cancer du poumon, qui doivent renseigner une fois par semaine une douzaine d’items concernant notamment l’état de fatigue générale, le poids, la toux, d’éventuels épisodes fiévreux, etc. Ces données sont analysées par un algorithme dont l’objectif est de détecter un risque de rechute ; le cas échéant un signal immédiat est envoyé à l’équipe en charge du patient.

Des résultats indiscutables

Les bénéfices de Moovcare ont été mis en évidence à travers différentes expérimentations. Notamment, des résultats d’une étude randomisée de phase III conduite auprès de 133 patients au sein de l’Institut inter-régional de cancérologie avaient été présentés en 2016 au congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO). A la fin de leur traitement ou après une intervention, la moitié de ces malades atteints d’un cancer du poumon s’est vue proposer (de manière randomisée) d’utiliser l’application. L’autre partie des patients a bénéficié d’un suivi classique, reposant sur une visite de contrôle tous les trois à six mois. Si le taux de rechutes a été similaire dans les deux groupes (ce qui était attendu) le diagnostic de ces dernières a été plus précoce chez les patients utilisant l’application. Détectées plus précocement, les rechutes ont pu être traitées plus efficacement. L’état général des patients au moment de la mise en évidence de ces dernières était en effet meilleur et permettait d’envisager une prise en charge plus active chez les malades ayant recours à l’application. Ainsi, un an après le début de l’étude, 75 % des patients dans le groupe Moovcare étaient encore en vie, contre 49 % dans le groupe témoin, des résultats si encourageants qu’ils ont conduit à l’interruption prématurée de l’étude pour que l’ensemble des malades puissent bénéficier de l’application. « Moovcare a apporté un haut niveau de preuves scientifiques quant à son bénéfice pour les malades atteints de cancer du poumon. Bristol Myers Squibb apporte son support à son déploiement car nous sommes très attachés à ce que tous les patients français, où qu’ils se trouvent sur le territoire et quel que soit le centre de soins dans lequel ils sont suivis, puissent bénéficier des mêmes innovations dans leur prise en charge thérapeutique globale » remarque aujourd’hui Dana Vigier, directrice exécutive Oncologie de Bristol Myers Squibb France qui soutient en France le déploiement de l’application, qui bénéficie en outre désormais d’un important recul.

Dans le sillage de Moovcare, Sivan et l’équipe de Fabrice Denis ont quelques années plus tard développé Smokecheck destiné au repérage précoce de signaux inquiétants chez les fumeurs.

Aurélie Haroche

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