« Tout le monde fait pipi et tout le monde a un I-phone », CQFD

Los Angeles, le samedi 23 mars 2013 – Les patients qui utilisent dans le cadre d’une auto-surveillance des bandelettes urinaires peinent parfois à interpréter le « code couleur » suggéré par la notice. Entre deux nuances de blanc ou de vert, difficile de se faire une opinion précise, surtout lorsque la réponse, le diagnostic, nous concerne personnellement. Pourtant, l’auto-surveillance grâce aux bandelettes urinaires permet, d’autonomiser les malades et d’améliorer la prise en charge en accélérant les alertes éventuelles. Or, voici qu’une entreprise américaine Biosense Technologies vient de mettre au point une application qui pourrait faciliter la lecture de ces fameuses bandelettes.

Comme une machine classique de lecture de bandelettes… mais en beaucoup moins cher !

uCheck est un dispositif simple : le logiciel de cette application utilise l’appareil photo du smartphone sur lequel elle est installée pour décrypter les couleurs apparues sur la bandelette. Elle fonctionne donc schématiquement de la même manière que les machines d’analyse d’usine pour un coup évidemment moindre. Actuellement, uCheck est en cours d’approbation par Apple, tandis qu’une version Android doit être développée. Myshkin Ingawale, cofondateur de Biosense Technologies a également indiqué lors de la récente conférence TED (Technology, Education and Design) à Los Angeles que le dispositif était actuellement évalué dans un hôpital de Bombay. Si les résultats obtenus se révélaient comparables à ceux donnés par les appareils traditionnels on pourrait alors envisager d’utiliser uCheck dans les zones rurales des pays en voie de développement. « Les médecins pourront immédiatement effectuer des dépistages avec un outil nettement moins cher que les dispositifs actuels à 10 000 dollars » explique Myshkin Ingawale qui ne doute pas du succès de son application, car argumente-t-il avec simplicité : « Tout le monde fait pipi et tout le monde a un I-phone ».

Un marché à réguler ?

La présentation de ce dispositif confirme le dynamisme du marché des applications médicales : on en compterait aujourd’hui « 40 000 (…) produites par des médecins, des développeurs de logiciels, des compagnies pharmaceutiques et des hôpitaux entre autres. Le marché de santé mobile devrait atteindre 392 millions de dollars en 2015, d’après le cabinet international de conseil et d’analyse de l’industrie Frost & Sullivan » décrivait récemment Brie Zeltner une experte de ce marché, citée par le portail Smart Planet. 

Cette explosion commence à poser la question de la régulation de ce marché : aux Etats-Unis certains s’interrogent ainsi sur l’opportunité d’adopter des normes plus strictes.

Aurélie Haroche

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